Deux mondes à part (10)

© Basmala Al Kabra, Azra Sayilir et Joelle Sevik, 4A

CHAPITRE 10

Un bouleversement total

A ma soudaine disparition, au commissariat, une alarme assourdissante se déclencha. Les policiers et les gardes couraient partout en me cherchant et en criant des choses comme : « Elle a disparu ! La criminelle a disparu ! Il faut la retrouver ! Vite ! dépêchez-vous ! » Pendant ce temps, Arthur, lui, était assis, là, derrière la vitre, bouche bée, baigné de larmes coulant sur sa joue. 

Après m’être téléportée juste devant ses yeux et l’avoir assez choqué, j’atterris dans un arrêt de bus. Su-Bong, qui lui, suivait l’histoire à la lettre, savait où j’étais et vint me chercher. Cinq minutes plus tard, il me trouva. Il sortit de sa voiture en courant et il s’écria : « Elsy ! Elsy ! Ce n’est pas possible. Tu étais vraiment en prison ! C’est vrai ?! » Il alla me cacher dans les toilettes publiques les plus proches (qui d’ailleurs étaient répugnantes) et partit au magasin le plus près pour m’acheter de quoi m’habiller. On se poserait tout de même des questions si l’on voyait quelqu’un portant un uniforme de prisonnier se balader comme ça dans la rue. 
Il me tendit les habits à travers la porte et dit : « Elsy ! Voici de quoi te changer. Ça ne fait que trente minutes que tu as disparu du monde réel. Tu as disparu pendant la soirée universitaire. Sofia m’a appelé en panique en me disant que tu avais disparu, que tu t’étais tout simplement volatilisée pendant la fête et que tu avais laissé derrière toi tes affaires.  Alors je me suis précipité de monter dans ma voiture pour les récupérer en sachant que tu t’étais potentiellement téléportée encore une fois dans la BD. » 

Après m’être changée, nous montâmes dans la voiture et en conduisant, Su Bong s’exclama : « Tout ça n’est arrivé qu’en trente minutes ! Tu as disparu à 23 heures et tu es réapparue à 23 heures 30 ! Alors que dans la BD, tu as passé trois jours dans le « penthouse », une nuit au poste de police, deux jours en prison. Tu y as passé au total cinq jours ! C’est insensé !
– Su-Bong, je suis épuisée. Les inspecteurs ne m’ont pas laissée dormir. Je me souviens de chaque jour. Je suis trop fatiguée. J’ai dû y passer cinq jours.
– Mais… Comment est-ce possible ?
– Les prisons ne devraient pas exister. Je n’ai même pas tenu deux jours là-bas. Donc…
– Donc quoi ? Tu as tout raconté à Arthur pour sortir de prison ?!
– Oh mon dieu ! Qu’est-ce que j’ai fait ! Je fais quoi maintenant ?!
– Je ne sais pas ! Ne t’inquiète pas, ça va sûrement bien se passer. »

Du côté de la bande dessinée, d’énormes patrouilles de police furent déployées pour pouvoir me trouver. En voyant toute cette agitation, Hadi alla dans le parloir où se trouvait Arthur et lui demanda : « Qu’est ce qui s’est passé ? Comment s’est-elle échappée ? » Arthur était tellement choqué qu’il était incapable de prononcer la moindre parole. Les mots ne pouvaient plus sortir de sa bouche. Alors, en voyant ceci, Hadi lui donna un coup dans l’épaule pour le réveiller. Les nouvelles de ma fuite se répandirent tellement vite que Daniel l’apprit aussi. Après avoir entendu cette nouvelle, Daniel appela Arthur : 
– Allo ?
– Bonjour M. Iskandarani.
– On dit qu’Elsy s’est volatilisée en ta présence.
– Oui.
– Comme ce que tu m’as raconté ce jour-là ? Comme si… Elle ne s’était pas évadée mais qu’elle était partie dans une autre dimension ?
– Je crois bien, oui.
– Mais comment est-ce que… Comment est-ce possible ? Ceci est un incident majeur ! Tu sais que Éric Zaccar, celui qui t’a mis en prison et qui t’a fait la misère pour un crime que tu n’avais pas commis, n’attend qu’une opportunité pareille ! Il prépare son attaque à présent, j’en suis certain ! Il dira que tu as mis en scène l’attaque que tu as subie.
– Sans aucun doute. Mais Éric Zaccar n’est pas le problème.
– Quoi ?
– Il n’a pas d’importance. La raison de mon existence est ce qui compte.
– Elsy t’a dit quelque chose ?
En pleurant, il répondit :
– Oui.
– Qu’a-t-elle dit ?
– Quelque chose de fou. La première impression que j’avais d’elle était la bonne. Elle est dangereuse et folle. Elle a dit quelque chose… Quelque chose d’insensé.
– Pourquoi ça te tracasse la tête alors ?
– Parce que, après avoir entendu ce qu’elle avait à dire, tout ce qui m’est arrivé et tout ce que je ne comprenais pas s’explique.
– Quoi ?
– Tous ces incidents sans contexte, en ont un à présent. C’est le contexte qui explique tout.
– Quel contexte ?
– C’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé.
– Quel est le contexte ?
– Ce monde… Ce monde… n’est pas réel. Tout est fictif. »

Après avoir révélé ce secret, le secret qui hantait sa vie, le monde de la bande dessinée s’arrêta. Tout le monde s’était figé, sauf Arthur. Quand le personnage principal comprit que son monde, toute sa vie n’était qu’une fiction et qu’un mensonge, tout s’arrêta. En apercevant cette scène terrifiante, Arthur, sous le choc total, tomba à terre. Seul lui avait survécu dans le monde où le temps s’était arrêté. C’était comme si… C’était comme si l’histoire punissait ceux qui avaient pris conscience de la fiction dans laquelle ils vivaient. 

Soudain, une énorme vitre transparente mais fluorescente commença à apparaître. Qu’est-ce que c’était ? Cette vitre scintillante formait un mur devant notre pauvre Arthur qui se trouvait toujours à terre et plein de désespoir. Par curiosité, et étant suffisamment désespéré, il se leva, s’approcha de cette fameuse vitre qui semblait être irréelle et passa ses mains contre celle-ci. Cette vitre n’était pas faite de verre, car, en effet, Arthur pouvait passer sa main à travers celle-ci. Il était surpris. Mais alors, cette vitre, ne serait-elle pas une sorte de… de portail vers un autre monde ? Une autre dimension ? De toute façon, le monde de la BD était figé. Il n’y avait plus rien à faire là-bas. Alors, aveuglément, Arthur s’avança et plongea à l’intérieur ce portail. Mais qui avait-il de l’autre côté de ce portail ? Était-ce l’entrée d’une dimension parallèle où le monde de la BD n’était pas en arrêt total ? Ou alors était-ce le monde de…

A suivre… 

Basmala Al Kabra, 3A

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