L’origine des échecs 

Les hommes jouent aux échecs depuis maintenant plus de 1400 ans. C’est l’un des jeux les plus joués au monde et qui a une importance culturelle et intellectuelle que peu d’autres activités ludiques possèdent. De nos jours, avec environ 800 millions de joueurs à l’échelle mondiale, ce jeu est toutefois bien différent de ses premières versions. 

Les 64 cases sur l’échiquier cachent tout un monde avec un nombre infini de possibilités qui, bien que peut-être des centaines de milliers d’ouvrages et articles aient été publiés, continuera à évoluer et changer au fil des générations. Mais avant que l’on puisse parler du jeu lui-même et de ses stratégies, on doit d’abord parler de ses origines. 

Forme primitive en Inde

Même si on peut discuter d’une possible apparition dès le IIIème siècle de notre ère, la première version du jeu a été découverte en Inde au VIème siècle. 

Appelé chatarunga, il était joué selon à peu près les mêmes règles qu’aujourd’hui, donc avec un échiquier de 8 x 8 cases et des pièces très similaires à l’exception des règles pour la dame et les fous qui limitaient beaucoup plus leurs coups. Les noms utilisés pour désigner les pièces se réfèrent à la quadruple constitution de l’armée indienne traditionnelle : éléphants, cavaliers, chars et fantassins. Une autre différence majeure entre les versions est le but du jeu. Au chatarunga, il était aussi  possible de gagner en éliminant toutes les pièces de l’adversaire à l’exception du roi. 

Au Xème ou XIème siècle, les règles de ce jeu arrivent en Perse en tant que chatrang et c’est alors que l’on trouve les tous premiers jeux enregistrés. Ensuite, il parvient dans le monde Arabe, en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est où il évolue en xiangqi (version chinoise) et shogi (version japonaise). C’est à cette époque-là qu’on trouve les premières études sur le jeu, les analyses des problèmes d’échecs, des ouvertures et d’autres sujets qu’on étudie encore aujourd’hui. 

Arrivée en Europe 

Le chatrang des arabes est arrivé en Europe au XIIème siècle par le chemin de l’Empire byzantin et par l’Afrique du Nord. Après cela, le jeu a été adopté par la noblesse européenne et a commencé à être associé à l’aristocratie et à la bourgeoisie. A l’époque médiévale où il a gagné de plus en plus de popularité, il est devenu un symbole tellement important qu’il était considéré comme une compétence essentielle pour les jeunes chevaliers, enseignée dès leur plus jeune âge. 

Il était aussi associé à la violence et aux jeux d’argents, c’est pourquoi l’église catholique a essayé d’abolir sa pratique pendant longtemps. 

Influence Européenne

Les changements faits à cette époque-là ont fondamentalement modifié les règles du jeu moderne pour les amener à ce qu’on connaît aujourd’hui. Les échiquiers à damier, les noms de diverses pièces indiennes occidentalisées, le roque et les coups de la dame et du fou facilités… Tout cela permet des jeux plus rapides (sachant que chaque partie à l’époque durait au moins plusieurs heures, sinon des jours) ainsi que le développement et les analyses des ouvertures et finales. 

En évoquant l’influence européenne, on ne peut pas ignorer le Café de la Régence, un célèbre café parisien ouvert de 1681 à 1910, qui était le centre des jeux d’échecs en France et en Europe. Les joueurs d’échecs les plus talentueux et les plus connus de cette époque y ont disputé tous un jour une partie. 

Les échecs : un sport

Au XIXème siècle, le jeu est devenu un incontournable de la vie européenne moderne. Les joueurs rejoignaient des clubs d’échecs et les problèmes d’échecs avaient leur place dans les principaux journaux quotidiens. 

Le premier tournoi officiel d’échecs a eu lieu à Londres en 1851. Ceci a accéléré la création de différentes variations comme les jeux rapides, avant le premier Championnat du Monde d’échecs en 1886, remporté par l’autrichien Steinitz.

Wilhelm Steinitz est l’un des premiers joueurs qui a personnifié le style agressif et romantique de son temps, le terme romantique désignant le style de jeu qui prévalait à l’époque, caractérisé par des sacrifices impétueux dans l’ouverture et des jeux tactiques et sophistiqués où gagner était presque secondaire par rapport au style, contrairement au style populaire aujourd’hui où les joueurs et leurs équipes préméditent une grande majorité des coups avant le jeu grâce aux ordinateurs. C’est pourquoi je pense que même si les ordinateurs et internet ont rendu le jeu beaucoup plus disponible à tous pour apprendre et pour jouer, ils ont aussi diminué la créativité dans les parties de haut niveau.

Ce n’est qu’en 1880 qu’a été décidé que les blancs joueraient en premier et que finalement, au début du XXème siècle, les règles et compétitions internationales ont été standardisées par la Fédération Internationale des Échecs (ou FIDE). 

A l’époque de l’URSS, le champion du monde Mikhail Botvinnik a joué un rôle important dans le développement d’une génération de joueurs soviétiques comme les champions Anatoly Karpov et Garry Kasparov qui ont dominé le jeu mondial pour la majorité du 20ème siècle. C’était devenu tellement important que la partie entre Boris Spassky et Bobby Fisher au Championnat du Monde en 1972 a été un événement marquant (on l’a appelé “le match du siècle”) pendant la guerre froide entre les Etats Unis (Fisher) et l’URSS (Spassky). 

Toutes ces évolutions pour obtenir au final le jeu que nous avons sous nos mains aujourd’hui. Mais après les années 80, une chose que l’on a déjà un peu évoquée avant, a complètement bouleversé le monde des échecs : l’ordinateur. Et ceci, mérite un autre article en lui-même !

Article de Defne Aren, 4B
Illustration de couverture par Rüzgar Duyan, 5D

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