Spina Saeva (3)

Couverture originale de Spina Saeva. © Doga Baklacioglu et Lina Guinard

CHAPITRE 2

J’entrai à l’école, c’était le jour du brevet, et des maths en plus. Mais quelle misère, quelle misère ! Je passais mes nuits à réviser pour seulement les maths. Ce fut l’une des premières épreuves donc je ne voulais même pas imaginer combien de temps j’allais travailler en tout pour le brevet. Mais cela en valait la peine, osai-je espérer.

– Maat chérie » me cria Cristelle, la femme de ménage. 
Cristelle était aussi comme moi, égyptienne et française, c’est pourquoi nous devînmes très vite de bonnes amies. Elle n’était pas si âgée, même plutôt jeune avec ses 19 ans. Ses parents étaient pauvres, donc elle est obligée de travailler. 
– Salut Christelle, lui dis- je d’un ton fatigué, comme, juste pour vous rappeler, j’ai le brevet après. 
– Prêt pour le bac ? Est ce qu’elle savait mon âge, des fois j’en doute.
– Brevet tu veux dire ?
– Oui, brevet, voilà. Dans tous les cas, je te souhaite bonne chance, je dois partir nettoyer les toilettes.
– Au Revoir, lui criai-je, mais personne ne m’écoute dans ce monde, de nos jours.
La sonnerie retentit et je me hâtai d’entrer dans la classe. Que finissent ces évaluations de fleur de nave !
Je vis Théodore qui tremblait de peur et Jayce, je ne savais pas ce qu’il faisait mais je préfère ne pas le savoir.

La sonnerie sonna à nouveau mais, cette fois, c’était pour marquer la fin de l’école. Je me sentais très fatigué. Ma tête ne voulait pas se tenir droite et mes yeux me picotaient et me brûlaient. Je sortis et appelai ma tante mais elle me raccrocha au nez. Donc, je décidai de prendre le bus mais je regardai dans mes poches et je n’avais pas un sou. Alors je fus obligé de marcher. Je pris des roses rouges, avec des épines piquantes d’ailleurs, d’un des jardins du voisinage et les rangeai dans mon cartable.

Je marchai et je marchai et finalement j’arrivai. Mais, à ma grande surprise, je n’étais pas devant ma maison, j’étais devant un cimetière, pour être plus exact, devant le cimetière où se trouvaient mes parents… je n’avais aucune idée de comment j’étais arrivé ici. C’était comme si mes pieds avaient pris le contrôle et le destin avait gagné la bataille contre nos choix. Mais mes pieds ne s’arrêtèrent pas, ils m’emmenèrent cette fois devant la tombe de mes parents. Je ne savais pas quoi dire. C’étaient des émotions si inconnues, si inexplicables. J’avais voulu que mes parents reviennent des milliers de fois, même si j’étais très fâchée. 
Soudainement, la tombe commença à se casser du milieu. En premier, il y avait juste une fissure mais elle s’agrandit et maintenant il y avait un trou géant d’où pouvait passer un humain facilement. Et c’est impossible de me croire et même j’aurais voulu ne pas me croire moi-même mais mes parents, oui mes parents sortirent du tombeau. Ceci était un acte contre les règles de la nature, quelque chose d’impossible.

– Maat chéri, cela fait longtemps que nous ne t’avions pas vu, ton père et moi, viens ici, me dit ma mère. 
– Zalim, tu as grandi, Zalim, tu nous entends ? Zalim, ajouta mon père.
Je voulais toujours voir mes parents, depuis qu’ils étaient morts, depuis qu’ils m’avaient laissé dans ce monde si compliqué et étrange où vous ne pouvez rien choisir ni contrôler mais je n’avais jamais voulu les voir dans cet état. Ils étaient habillés de tissus déchirés et sales, avec du sang qui coulait d’un trou au milieu de leur cœur et des traces de blessures de pistolets qui étaient immondes et qui faisaient peine à voir. Même si j’étais un peu triste, j’avais surtout peur de ces deux créatures qui étaient autrefois mes parents. Je ne voulais pas accepter que ce fut grâce à ces deux êtres hideux et ignobles que j’existais à cet instant même. Ils me tendaient la main me criant de m’approcher, de venir avec eux. Je préférai être arrogante. Qu’est-ce que cela allait m’apporter de penser à leur sentiment, d’accomplir leur vœu le plus cher. On pouvait voir qu’ils me voulaient comme il n’avait voulu rien au monde avec tant d’agressivité et de douleur.

Ils me tendaient leur main, essayant de m’agripper et, à chaque fois, je reculais. Quelle importance a le courage lorsque les conséquences sont inconnues et dangereuses. Je préférais être un peureux que de me laisser prendre par ces mains hideuses qui m’avaient jadis nourri et tenu avec un amour inconditionnel. 
Mais cet amour était maintenant seulement du désir cru, le désir de vouloir l’impossible. J’avais le souffle coupé et j’étais tétanisé de peur mais je me rappelai des paroles de ma tante, « Ne rien faire est pire que de de faire une faute »’ et je savais que je devais agir, je ne pouvais pas juste rester debout, attendant que quelque chose se passe, c’est pourquoi je fis quelque chose de très évident : je commençai à courir, le plus vite possible, à cause du brouillard et de ma terreur. Quand je sortis du cimetière, en premier je crus que j’étais sauvé mais non, je vis mes parents me suivre de leurs pas lents et équilibrés, je décidai de crier à l’aide mais les gens me regardaient comme si j’étais fou. Oh dieu, sauve- moi de ces affreux êtres de la mort et du diable ! Je continuai de courir jusqu’à ma maison, mais même si mon âme voulait continuer et se battre, mes pieds avaient déjà accepté la défaite et je m’évanouis.

– Vous avez déjà Jayce, ne me demandez pas plus, s’écria ma tante, pensai-je, de l’autre chambre.
J’avais mal à la tête et le rêve avec mes parents résonnait toujours dans ma tête. Qu’aurais-je fait si c’était vraiment arrivé.  Juste de m’en rappeler me donnait des frissons. Je décidai de regarder l’heure, c’était seulement trois heures du matin, je pouvais continuer à dormir. Et juste du coin de mes yeux, j’aperçus une figure qui me tendait la main et qui me semblait familière mais j’étais à moitié endormi donc je me laissais prendre par le sommeil.

Lina Guinard et Doga Baklacioglu, 4A

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