Atelier de cinéma (1) : autour de « La cour de Babel »

L’atelier de cinéma organisé par Mme Atay et animé par Isabelle Vanderschelden (éducatrice et universitaire spécialiste en cinéma basée à Manchester, UK) pour les élèves de troisième autour du film La cour de Babel de Julie Bertuccelli a eu lieu en mai 2022. La session avait pour objectif principal d’explorer les conventions du film documentaire, en particulier le rôle du montage et les dispositifs de tournages adoptés par la réalisatrice. 

Dans un deuxième temps, on a demandé aux élèves d’écrire une critique du film pour exercer leur esprit critique et analyser les enjeux du film. 

Cela a permis d’aborder les distinctions entre une analyse filmique structurée que les élèves pourront écrire et une interprétation plus subjective et personnelle du film. 

Les élèves ont ensuite présenté leurs critiques à la classe permettant aux avis différents de s’exprimer sur les méthodes d’apprentissage du français, l’accueil des nouveaux arrivants en France, la diversité culturelle et le statut d’étranger. 

« J’ai proposé cet atelier parce qu’il me semble que les élèves ne sont pas toujours totalement conscient.e.s de la richesse que représente leur multilinguisme dans le monde d’aujourd’hui.
C’est dans cette perspective de diversité que nous avons abordé les protagonistes du film en tant que nouveaux arrivants en France et en tant que personnes filmées par Bertuccelli pendant un an.
Je voulais encourager la discussion autour des thématiques abordées par le film et sensibiliser les élèves à l’analyse des images et du montage ainsi que de réfléchir sur les questions que le film met en avant et qui font du cinéma un médium privilégié pour le développement de l’esprit critique et des compétences interculturelles. » 

Isabelle Vanderschelden


Les quatre classes de troisième ont participé au projet intitulé « Critique du film documentaire La cour de Babel ». Découvrez celui-ci… 

Le travail que nous avons mené sur le film 

Dans le cadre du PEAC, pendant le cours de français, nous avons participé à un projet « Cinéma au collège » et nous avons visionné le film documentaire “La cour de Babel”. Ensuite, nous avons répondu au questionnaire qu’on nous a distribué. Puis, une rencontre a été organisée avec une intervenante qui est venue dans notre classe deux fois pour nous parler du film. D’abord, elle nous a interrogé sur la compréhension du film et puis nous avons échangé nos idées avec elle.

« La Cour de Babel », film documentaire français de Julie Bertuccelli. PYRAMIDE FILMS. DR.

La cour de Babel raconte une année passée par des adolescents âgés de 11 à 15 ans dans une classe d’accueil à Paris. Ils sont nés aux quatre coins du monde et viennent d’arriver en France avec leurs parents. Au collège, ils sont scolarisés dans la classe d’accueil de Brigitte Cervione. Ils y apprennent le français pour pouvoir suivre leur scolarité dans leurs classes futures. Pendant leur année scolaire, des réunions avec les parents qui sont immigrés à cause de diverses raisons comme l’asile politique ou la pauvreté ont été aussi filmées. 

Cette intervenante nous a fait travailler par groupes. Nous avons essayé d’établir une différence entre un documentaire et une fiction. Elle nous a donné une liste de vocabulaire dans le but de nous faire parler. Nous avons appris ce qu’était une classe d’accueil. 

La classe d’accueil leur permet de maîtriser suffisamment la langue française pour étudier d’autres matières dans une classe ordinaire. Leur objectif est d’apprendre le français et de rattraper le programme scolaire.
A la fin du film, les élèves et les professeurs évoluent. La classe d’accueil leur a apporté plein de choses : « apprendre des faits, apprendre des choses, apprendre les relations et comment devenir une personne. » Mais des sentiments tristes surgissent aussi à la fin du film lorsqu’ils se séparent. Certains avancent et d’autres doivent redoubler leur année. 

Pourquoi est-ce un documentaire et comment la réalisatrice l’a-t-elle filmé ?

Ensuite nous avons travaillé sur ce qu’est vraiment un documentaire. 

Ce type de film propose une expérience d’observation dans un espace donné et généralement sur une longue durée. L’objectif de ce (sous-)genre cinématographique est de donner à voir et à comprendre le « réel », c’est-à-dire des réalités sociales, culturelles et politiques que les êtres humains vivent. La réalisatrice du film, Julie Bertucelli, ici sait observer et écouter avec discrétion et attention mais elle n’intervient pas à la mise en scène.  

Mon point de vue sur le film

Pendant ce projet de classe, j’ai appris à écrire une critique du film. Quand nous avons lu nos critiques pendant le cours, il y a eu beaucoup d’échanges entre les élèves, j’ai entendu plusieurs autres points de vue. 

Ce film nous apprend plein de choses et nous donne des leçons. J’ai beaucoup aimé ce documentaire car il montre la vie réelle. Sachant que le film est réel, je m’y suis davantage intéressé et je pense que c’est plus qu’un film, un message de tolérance et de paix. Après avoir regardé ce documentaire, je veux préciser que les élèves de la classe d’accueil ont fait un énorme progrès par rapport au début de l’année. Bien sûr, leur professeur, Brigitte Cervione, les a beaucoup aidés.
Par contre, je n’ai pas aimé le rendu de la caméra car la qualité de l’image était désagréable, j’avais l’impression que c’était filmé par un téléphone portable. 

En conclusion

Pour conclure, le film se termine par un espoir positif sur le fonctionnement de l’école : on voit que la classe d’accueil en français a beaucoup aidé les collégiens et les parents dans leur intégration en France. L’histoire de ce film m’a encouragé à vivre en France pendant les études universitaires que j’envisage de faire.
En plus, j’ai appris la légende de la Tour de Babel. Selon cette légende, les êtres humains commencent à construire la gigantesque tour de Babel, qui s’élève de la terre au ciel pour monter vers Dieu. Dieu se met en colère contre l’arrogance des gens qui essaient de l’atteindre. Alors, il détruit la tour et punit les gens qui parlaient la même langue en mélangeant leurs langues.

Article de Sinan Lakay, 3C


Je vais moi aussi vous présenter ce que nous avons fait en classe avec le film documentaire de Julie Bertuccelli La cour de Babel

La cour de Babel est un jeu de mots avec la tour de Babel qui est un mythe selon la bible, dans lequel les hommes parlaient la même langue. Quand un jour, l’un d’eux aurait eu l’idée de construire une tour si grande qu’elle pourrait directement les conduire au Paradis, on nomma cette tour la tour de Babel, Babel signifiant « porte du ciel ». Mais Dieu, les trouvant trop orgueilleux, les punit en leur faisant parler des langues différentes, si bien que les hommes ne se comprenaient plus. 
Ainsi, nous pouvons établir la ressemblance avec l’affiche où les élèves  sont disposés afin de créer la silhouette de la tour de Babel. Ceci m’a fait penser à une métaphore car ce documentaire parle aussi de la communication entre des élèves d’une classe d’accueil qui parlent tous des langues différentes. 

La réalisatrice, Julie Bertuccelli, a posé sa caméra dans cette classe d’accueil pendant toute une année scolaire. Les enfants ont environ 13 ans et viennent de nombreux pays différents pour de multiples raisons les amenant en France. La classe d’accueil leur permet de maîtriser suffisamment la langue française pour étudier les autres matières dans une classe ordinaire. Leur objectif à la fin de l’année est d’entrer dans une classe ordinaire avec des enfants de leur âge et de réussir leur éducation. Finalement, le film pointe du doigt une réalité sociale de l’éducation nationale sur l’intégration des jeunes immigrés avec des mots crus et justes. 

Isabelle Vanderschelden, une professeur de français venue de Manchester, est venue dans notre classe pendant notre cours de français pour approfondir nos connaissances cinématographiques et éveiller notre esprit critique. Par exemple, dans un film de fiction, les personnages sont souvent imaginaires et sont joués par des acteurs qui les interprètent. Tandis que dans un documentaire, les personnages sont réels et agissent tels qu’ils sont sans scénario. Les dialogues entre les différentes personnes sont souvent spontanés et libres. 
De plus, elle nous a distribué des fiches préparées à l’avance avec du vocabulaire précis, des notions de cinéma et des activités à faire en autonomie et en îlots. 

Nous avons étudié la notion du genre au cinéma et nous avons essayé de trouver les différences entre un documentaire et une fiction. Elle nous a décrit les différents types de plans, les prises de vues, les mouvements de caméra et leurs sens afin de déterminer les objectifs cinématographiques de la réalisatrice.
Notamment, la réalisatrice utilise souvent des plans rapprochés (également dit portraits), voire des gros plans sur les visages des élèves, dans le but de saisir un regard révélateur, de capter une réaction intéressante, ou encore de partager une émotion bouleversante… Ce choix rapproche les spectateurs des protagonistes du film et les rend plus sensibles à leur personnalité et à leur vécu. Elle a toujours filmé d’un point de vue plongeant (on appelle ce cadrage une « plongée »), ce qui met le spectateur dans une position d’observateur. Enfin, nous pouvons remarquer que la grande majorité des scènes sont des plans séquences, ce qui veut dire que les scènes sont sur une longue durée, sans aucune coupure au montage pour que nous nous sentions plus inclus dans la scène.

Et enfin, comme dernière activité, nous avons individuellement écrit une critique personnelle du film. Nous avons tous un peu fait des recherches dans notre coin pour savoir en quoi consistait une critique de film et comment en écrire une bonne. Cette critique a été ensuite ramassée et évaluée en compétences. Les meilleurs travaux ont été publiés sur le site du journal Loti news du lycée.

Ce documentaire a été plein d’émotion pour moi car j’ai réalisé beaucoup de nouvelles choses sur les migrants en France et je suppose que c’est un peu pareil partout dans le monde. Même aujourd’hui, en 2022, de cruelles réalités se passent dans le monde entier poussant des personnes à quitter leur pays natal pour y échapper. 
Certains se faisaient persécuter par des groupes d’extrême-droite, certaines se faisaient maltraiter et allait être forcées de se marier avec un adulte, certains n’avaient pas vu leurs parents depuis dix ans, ou étaient juste là pour poursuivre de bonnes études pour avoir le métier de leur choix, ou pour, tout simplement, apprendre une nouvelle langue.
Cette classe d’accueil est pleine d’adolescents avec des cultures, des langues et des histoires complètement différentes. Nous pouvons aussi dire que leur professeur était un peu la cheffe d’orchestre de celle-ci.
J’ai aussi appris beaucoup de nouveaux mots de vocabulaire sur les différents mouvements et plans de caméra, ainsi que pour parler des étrangers immigrés . 

Pour conclure, j’ai beaucoup apprécié cette expérience, elle m’a beaucoup apporté et a été très divertissante et amusante. 

Article de Lara Sönmez, 3A


Fiche technique du film documentaire

Long métrage français d’une durée de 1h29
Genre : Documentaire
Sortie en France : 12 mars 2014
Réalisatrice : Julie Bertuccelli
Producteurs : Yaël Fogiel, Laetitia Gonzalez et Éric Lagesse
Son : Stephan Bauer, Benjamin Bober, Graciella Barrault, Greg Le Maitre et Frédéric Dabo
Montage : Josiane ZardoyaMusique: Olivier Daviaud
Prix obtenus : Nomination pour le meilleur documentaire, César 2015

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