Série « Les femmes inspirantes » : Olympe de Gouges, la révolutionnaire féministe

Le 7 mai 1748 naît à Montauban une fille appelée Marie Gouze. Elle vit dans une famille d’artisans bouchers mais les rumeurs disent qu’elle est fille d’un marquis. En 1765, Marie est mariée à 17 ans à Louis-Yves Aubry. Quelque temps plus tard, elle donne naissance à un enfant appelé Pierre. Marie déteste son mari. Bientôt, il meurt. Elle est triste mais aussi soulagée car elle retrouve sa liberté. Elle part à Paris près de sa sœur pour que son fils ait une éducation soignée et, à la cour du roi, elle se fait appeler Olympe de Gouges. Elle rencontre Jacques Biétrix de Rozières, un haut fonctionnaire de la marine. Lorsqu’il la demande en mariage, Olympe refuse tout net. Elle dit que le mariage religieux est le « tombeau de la confiance et de l’amour ». Jacques devient son protecteur. Il l’aide beaucoup financièrement. 

Portrait d’Olympe de Gouges par Alexandre Kucharsky. Fin 18e siècle / Bonarov. CC BY-SA 4.0

Jacques est nommé pour un travail important et il doit déménager à Paris. Olympe l’accompagne. Olympe adore Paris, elle va dans les salons mondains et littéraires, et en particulier celui de la marquise de Montesson. Elle y rencontre des gens très importants de l’époque comme Benjamin Franklin ou Mirabeau.

Marie Olympe de Gouges, veuve Aubry (1748-1793). 1793, Musée du Louvre. DR.

Elle monte une troupe de théâtre en 1780 où elle fait jouer son fils. Quelque temps après, elle écrit sa propre pièce qui s’appelle « Zamore et Mirza », l’histoire d’amour entre deux esclaves noirs. À travers sa pièce, elle dénonce la traite des noirs. La Comédie Française accepte la pièce mais elle fait scandale car personne n’ose affronter les puissants esclavagistes. On menace même Olympe de prison. 

Bibliothèque nationale de France / Gallica. DR.

Olympe ne s’arrête plus. Tout ce qu’elle pense, elle l’écrit ou le dit. La misère augmente de plus en plus en France, Olympe prend la défense des pauvres et elle fait des pancartes ou des brochures. En novembre 1788, elle écrit sa première lettre au peuple dans laquelle elle propose un impôt volontaire pour que la crise se termine ; mais personne ne l’écoute.

En 1789, c’est la Révolution et la rédaction des Cahiers de doléance est organisée. Olympe ne veut rien rater. Elle déménage à Versailles en mai pour assister aux États généraux et, un mois plus tard, la Bastille est prise. Le 5 octobre 1789, les femmes du peuple en colère marchent à Versailles. Bien sûr, Olympe est parmi elles. Le lendemain, la famille royale est obligée de quitter le château. Elle est alors sûre que les femmes sont aussi fortes que les hommes et qu’elles doivent se battre pour le montrer. 

Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie / Gallica. DR.

En 1791, elle publie la brochure par laquelle elle deviendra célèbre : La Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.

Olympe est une fervente patriote mais ne veut pas utiliser la violence. On l’appelle pour cette raison une antirévolutionnaire. Pendant le procès de Louis XVI, elle le défend. Elle dit

« Il était mauvais roi mais pas un mauvais homme ».

Olympe de Gouges remettant sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » à Marie-Antoinette. Estampe éditée en 1790. Claude-Louis Desrais (illustrateur) et Frussotte (graveur). Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie / Gallica. DR.

Elle s’oppose à la peine de mort. Être du côté du roi lors de la révolution est une très mauvaise idée. En plus, elle critique beaucoup Robespierre, un des chefs révolutionnaires. C’en est trop. Elle est arrêtée puis jetée en prison. Après un procès sans avocat, elle est condamnée à mort. Parce qu’elle a critiqué la Terreur et un de ses grands chefs, parce qu’elle a défendu le roi, parce que, à cette époque, on n’accepte pas que les femmes se mêlent de la politique. 

Elle sera guillotiné et avant de mourir elle dit : 

« Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort. ».

Article de Tuna Altilar, 5C
Illustration de couverture par Rüzgar Duyan, 5D

Plaque apposée au n° 20 de la rue Servandoni, Paris 6e, où résida Olympe de Gouges (1748-1793), auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

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