Deux mondes à part (9)

© Basmala Al Kabra, Azra Sayilir et Joelle Sevik, 4A

CHAPITRE 9

La réponse…

Le serveur se précipita pour aller prévenir sa collègue qui appela la police et aussitôt je me mis à courir le plus rapidement possible pour m’échapper de cet endroit. En courant, je pris mon téléphone et j’appelai Arthur. Il décrocha rapidement et dit :
« Oui ? Qu’y a-t-il encore ?
– Je fais quoi ?! La police va m’arrêter !
– La police ? Pourquoi ?
– Où pourrais-je aller ?
– Je ne sais pas non plus ! Où es-tu ?
– Je descends les escaliers. Oh non !!! Ils sont derrière moi !!
– Reste tranquille. Cache-toi le temps que je trouve une solution.
– Je suis au vingt-huitième étage.
– Je te rappelle.
En voyant l’état d’Arthur, Hadi s’exclama :
– Que se passe-t-il ?
Arthur appela le garde du corps qui m’avait emmenée au bar et lui cria :
– Je t’avais ordonné de la protéger !
– Sarah a dit que c’était votre ordre.
Il soupira et dit :
– Descends au vingt-huitième étage. Elle s’y cache. Aide-la.
– Entendu. »

Pendant que je m’enfuyais de la police, le garde du corps me cria de courir jusqu’à la chambre 2816. Il ouvrit la porte pour que j’y entre, mais c’était déjà trop tard. J’étais à bout de force et la police m’attrapa. Mais quelques secondes avant qu’ils arrivent à mon niveau, je lançai discrètement mon téléphone vers la chambre 2816 pour que le garde du corps puisse le récupérer. Parker rappela le garde du corps, mais les nouvelles étaient négatives. En effet, celui-ci raconta à Parker que je m’étais fait arrêter par la police et que je serais surement bientôt incarcérée car j’étais la seule suspecte. Arthur se mit en colère et, en remarquant son état, Hadi demanda :
« Il y a un problème ?
– Sarah a causé des ennuis.
– Quoi ? »

J’étais dans la voiture de police et j’écoutais la radio. Les médias ne parlaient que de moi. En arrivant à la station de police, une vingtaine de paparazzi nous suivaient, ils me photographiaient et me demandaient si c’était moi qui avait poignardé Arthur Parker. Je me sentais tellement mal ! Imaginer avoir sauvé quelqu’un et après être accusée de l’avoir tué. C’était absurde ! Jamais, je n’aurais cru être accusée de tentative de meurtre d’un personnage de bande dessinée ! J’arrivai vers « la salle d’interrogatoire » et l’inspecteur commença à m’interroger :
« Votre nom ?
– Elsy Hamiyeh.
– Ce n’est pas votre nom. Vous avez un problème ? Votre vrai nom.
– Elsy Hamiyeh.
– Votre numéro de pièce d’identité. Votre numéro !
– Je ne sais pas.
– Votre adresse.
– Je n’en ai pas.
– Vous connaissez Arthur Parker, non ? Il a plus de pouvoir que la police. Il est intouchable, car la population l’adore. Ils le prennent pour un héros. Quelqu’un a attaqué et poignardé ce héros et on n’a trouvé aucune piste pendant deux mois. Vous savez à quel point c’était dur ? Faisons simple. Aidez-moi, s’il vous plaît, répondez aux questions. »
L’inspecteur me posa mille et une questions et je répondis à presque aucune de celles-ci, non pas parce que je ne le voulais pas, mais parce que je ne le pouvais pas. Alors, ce qui était attendu arriva. Je fus incarcérée. J’étais là, parmi ces criminels et ceux qui avaient été jugés à tort, accompagnée d’une tristesse et d’un désespoir qui me rongeaient de l’intérieur. L’ambiance en prison était très désagréable. Il faisait sombre et nous avions constamment froid. La lumière ne pouvait pénétrer que par ces barreaux. 

Aussitôt arrivé à Beyrouth, Arthur appela immédiatement Sarah, celle-ci répondit :
« Allo ? M. Parker, vous êtes arrivé ? Tout le monde vous attend pour la réunion.
– Je vais en prison. Renvoie-les.
– Même les avocats ne savent pas comment gérer l’affaire. Nous n’avons rien pour sa défense. Elle ne veut rien dire !
– C’est pourquoi je la protégeais ! Elle ne peut rien dire ! Tu l’as envoyée à sa mort !
– Ce n’est pas ma faute ! Pourquoi elle ne révèle pas son identité si elle est innocente ?! Elle refuse de parler et de se défendre. Ça veut tout dire ! Elsy n’est pas un témoin, mais bel et bien la suspecte ! Quelle que soit la raison, elle prétend t’avoir sauvé et s’est de nouveau approchée de toi ! Tu t’es fait berner par sa version sans fondements ! 
– J’ai été victime d’un coup monté semblable. Tu as oublié ? C’est ce qu’ils m’ont fait. Ils ont dit que ça n’avait aucun sens. A chaque question qu’ils me posaient, je n’arrivais pas à répondre. Et voilà comment la victime s’est transformée en tueur. Cela arrivera également à Elsy. Parce que ça n’a aucun sens. Tout le monde regarde l’apparence et non le contexte. Ils ne jurent que par la logique. Tu dis avoir agi raisonnablement, mais en fait, tu n’as pas du tout compris le contexte d’Elsy ! Elle ne voulait pas m’impliquer et elle a balancé son portable avant son arrestation. Son identité importe peu. Si tu comprenais l’essence de ses actions, tu ne douterais pas d’elle ! J’ai lancé mon entreprise pour aider les gens victimes de la logique. Et là, tu viens de condamner une autre victime. Tu ne peux plus être mon assistante personnelle. Tu devrais juste rester mon amie. Tu es virée. »
Choquée, Sarah commença à trembler. 

Arrivé en prison pour me rendre visite, Arthur demanda à me voir et nous commençâmes à discuter, une vitre en verre nous séparant. Arthur dit :
« Désolé d’être venu trop tard. J’ai mis un jour pour rentrer. Comment ça se passe ?
– Il fait froid.
– Je vois. Il fait froid, oui. J’ai vécu longtemps ici, je sais ce que c’est. J’y ai passé quatre saisons, et il fait très froid en hiver. C’est dur.
J’éclatai en sanglots :
– Oui. Je n’arrive pas à le croire. Je ne m’y habitue pas. Ça n’arrive que dans les films. Je n’aurais jamais pensé finir ici. Je suis une personne normale !-Il y a aussi des gens normaux en prison. Peu de gens savent qu’ils finiront ici. Ça arrive contre toute attente. Tu te réveilles et tu te retrouves dans une cellule de prison. Écoute bien. Cette situation est sans espoir. Je n’ai aucune raison de t’aider et le problème ne fera que s’aggraver. Tentative de meurtre, meurtre prémédité, immigration illégale et instigatrice. Ils t’interrogeront encore et encore pour plusieurs raisons. Les investigations et les jugements se succèderont. Ça n’arrêtera jamais. Et c’est ainsi que ta vie sera ruinée. Ils ont décidé que tu es l’agresseur. Ils sont épuisés après ces deux derniers mois. Tu dois être l’agresseur et ils feront tout pour que ça finisse ainsi ! Ils vont t’humilier, te blesser et te rendre folle ! Ça peut durer des semaines, des mois ou des années. Alors réponds à ma question. Je crois que tu m’as raconté la vérité. Donc il n’y a qu’une solution pour éviter l’inévitable. Réponds à ma question, et disparais d’ici. D’où viens-tu Elsy ?
– Si je disparais, ça va être l’enfer.
– Sûrement. Mais tu ne devrais pas t’en inquiéter. Tu dois juste disparaître et retourner d’où tu viens. Je m’occupe du reste. C’est mon monde après tout. Réponds-moi.
– Je ne peux pas.
– Je te l’ai dit, si je disparais, ta vie sera misérable.
– Je ne pense pas être vraiment heureux de toute façon. Tu souhaites réellement rester enfermée ici pour le restant de ta vie.
– Non.
– Réponds-moi, on n’a pas beaucoup de temps.
– Je ne sais pas ce qu’il se passera si je te le dis !
– Le pire est déjà arrivé ! Regarde où nous sommes. Dis-moi pourquoi tu connais tout sur moi. Réponds.
– Tu vas le regretter.
– Je ne le regretterai pas.
Je pris un instant de pause et le silence s’installa. Après un long moment d’hésitation, je lui dis :
– Tu vis… dans une bande dessinée.
Choqué par ce que je venais de dire, il répondit calmement :
– Quoi ?
– Ce monde-là. C’est le monde fictif d’une bande dessinée. Une bande dessinée, que j’ai lue. Et tu es le personnage principal de l’histoire. »

Ne sachant plus quoi dire et bouleversé par les paroles d’Elsy, une larme coula sur la joue d’Arthur. Il me crut. Enfin, les mots brillants « À suivre » apparurent devant moi, et juste devant ses yeux, je disparus …

A suivre… 

Basmala Al Kabra, 3A

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