Spina Saeva (8)

Couverture originale de Spina Saeva. © Doga Baklacioglu et Lina Guinard

CHAPITRE 6

Le renard continuait de s’approcher de moi. Je courais, il me suivait, nom d’un chien ! En fait cela n’aurait pas été un problème, mais je venais de commencer à jouer donc, malheureusement, je n’avais encore aucun fusil ou quoi que ce soit. Mais ce n’était pas le renard ordinaire que vous rencontrez dans la forêt. Il était programmé pour me tuer et me détruire. Je continuais à courir. Pouvions-nous jeter des pierres dans ce jeu vers cet animal ? Apparemment non. Le chemin était infesté de pierres, grandes et petites que j’essayais de récupérer, pour pouvoir fabriquer une hache. Il me fallait en tout quinze pierres et quinze pièces de bois. Au loin, j’aperçus une petite partie d’un lac. Je m’en approchai et je distinguai de mieux en mieux ce fameux lac. A cet instant, je remarquai que ceci n’était pas un lac mais plutôt un océan qui s’étendait vers l’horizon. Le renard était toujours à ma poursuite. Je décidai alors de plonger dans la mer. Oui, voilà, ceci était une bonne idée. Mais ces moments de réflexion me coûtèrent la peau. En l’espace de ces quelques secondes où j’essayais d’atteindre la mer, les renards me rattrapèrent. Et… Fin… finirent par me déchiqueter, etc.

Je me réveillai. Il était huit heures du matin. Apparemment, il y avait ce virus, c’est pourquoi nous étions confinés chez nous. Ils nous avaient dit que cela durerait seulement deux semaines et pas plus. Ils allaient trouver le vaccin très facilement. J’entendais pas mal de choses à propos de ce coronavirus. Personne n’avait pensé que l’apparition de ce virus aboutirait à un confinement. Mais ce n’était pas désespérant, au contraire, nous aurions deux semaines de vacances. Et oui, à l’université ou à l’école, cela ne changeait rien. Les vacances étaient les vacances.  Deux secondes. Quelle heure était-il ? Huit heures ! J’avais une visioconférence. Sur, sur, euh… Quelque chose qui commence avec un z… Ah ! « Zoom ». 

Je sortis de ma chambre, pour aller voir Jacinthe. Elle était juste dans la chambre d’à côté. Comme elle était bien sûr plus organisée que moi. Elle était déjà devant son ordinateur en train d’écouter son professeur. Elle devait se rendre quelques jours dans la semaine à son université. Moi, je n’avais que des zooms à la maison pendant deux semaines.
« Jacinthe,  peux-tu m’aider ?  Lui demandai-je.
– Non, je suis dans un zoom, laisse-moi tranquille ! me répondit-elle.
– Mais… Jacinthe ?
– Mais je ne peux t’aider. Fais comme si j’étais à l’école. Rétorqua-t-elle. 
– Mais t’es-là !!!
– Laisse-moi tranquille. »

Je sortis de sa chambre. Je partis récupérer mon téléphone dans le salon pour appeler Jayce :
«  Hey! me dit-il.
– Comment ça va ? lui demandai-je.
– Bien, et toi ?
– Oui moi aussi. 
– T’es toujours en Amérique ?
– Non, au Canada, me répliqua-t-il.  
– Vraiment ? Moi aussi ! 
– Ouesh ! me dit-il d’un ton enjoué.
– Pouvons-nous nous voir ? lui demandai-je.
– Mais bien sûr !  
-Tu es où, toi ? 
– Montréal. Car je suis en train de chercher une université, affirma-t-il.
– Non ? 
– Mais si. Pourquoi le « non » ? rétorqua-t-il.
– Mais je pars à l’université moi aussi, ici.
– Tu rigoles ?
– Non, non, assurai-je.
– Mais c’est parfait alors, s’exclama-t-il
– OK, à quelle heure ? questionnai-je.
– A neuf heures ? 
– A neuf heures, OK. » acquiesçai-je.

En ce qui concerne l’université, si nous entrions dans treize cours sur les vingt-quatre, nous avions le droit de passer en classe supérieure. Je vais juste ne pas y assister aujourd’hui et participer demain. Je commençai à marcher sur la route nommée « Sherbrooks ». Avant de tourner vers  la rue « Saint Denis », quelques mètres plus loin, je passai devant Uniburger pour m’acheter un burger en pleine matinée. C’était maintenant un rituel de me lever le matin et puis de sortir pour m’acheter un burger. Aussitôt, je vis Jayce s’approcher de moi. Je courus pour le rejoindre.
« Hey mon pote, lui dis-je.
– Salut, me répondit-il.
– Alors qu’allons-nous faire ?
– Il y a une arcade là- bas, remarqua-t-il. 
– Aah, vraiment ? 
– Je n’en avais aucune idée.
– Bah, maintenant tu le sais. Allez ! »

Nous jouâmes pendant longtemps. Sa mère l’appela pour lui dire qu’il devait se rendre aux funérailles de sa grand-mère. 
« Je pars alors, dommage. Dit-il.
– Comment dommage ? On s’est retrouvé à neuf heures du matin et maintenant il est dix-sept heures.  Je suis désolé pour ta grand-mère, toutes mes condoléances. 
– Merci.
Il s’apprêtait à partir lorsqu’un souvenir me revint. Le souvenir d’une journée de pluie et de pure surprise, celle où j’avais aperçu Jayce devant la tombe de mes parents. 
– Jayce ! le rappelai-je.
– Oui ? me répondit-il.
– Qu’est-ce que tu faisais devant de la tombe de mes parents ?
– Rien
– Dis-le !
– Non mais sérieusement rien. Je voulais aller voir la tombe de mon grand-père et tu es venu pile au moment où je passais devant la tombe de tes parents. 
– Donc tu ne faisais rien ?
– Rien.
– Ok, bon, toutes mes condoléances encore une fois. 
– Hm, ciao. »

Je revins à la maison puis m’assis à ma table pour regarder les devoirs qui étaient sur un site qui apparemment s’appelait « ENT ». Je rentrai à l’intérieur et la première chose qui attira mon attention était mon absence d’aujourd’hui, écrite tout en haut de la page. Merci beaucoup !
Ensuite, je partis voir « Pronote » mais je ne réussis pas à entrer, jusqu’à ce que je me souvienne qu’il fallait y accéder via ENT ! Après ceci, j’allai voir  la messagerie. Et finalement le contenu de la séance. Ok, tout était facile mais c’était quoi ce cahier pédagogique !  J’étais 100 % sûr que je ne comprendrais jamais. Quand j’eus fini de faire mes devoirs, il était déjà dix heures. Je décidai d’aller dormir. 

Je me retrouvai dans le jeu, mon niveau d’eau était de  96 sur 100, ma  nourriture quant à elle, était de 94 sur 100 et la  santé 100 sur 100. Parfait ! Aujourd’hui, je devais construire un puits, puisqu’il était d’une grande difficulté de trouver des bouteilles d’eau chaque fois que j’en avais besoin. Il était maintenant 19h49. Je n’avais plus que 75 points d’eau. Je me dépêchai de rejoindre mon abri. Je plongeai sous l’eau pour ne pas être vu par l’ours. Cela prenait trop de temps donc je remontai sur la plage. A ma grande surprise, il y avait deux renards devant moi, je recourus donc à toute vitesse vers la plage pour atteindre la mer. Je continuai à nager pendant cinq minutes. Comme il était une heure du matin, je pouvais voir les étoiles et la lune briller à l’horizon. Finalement, l’île que je cherchais apparut devant mes yeux. 

Je remontai sur le sable. Je longeai les côtés pour retrouver mon abri, mais quand j’arrivai, tout ce que j’avais laissé précédemment était parti.  Je n’avais donc qu’une bouteille d’eau, du bois, une banane très importante et essentielle et deux pierres. Qu’allais-je faire maintenant? Je n’avais pas de boite de santé. Il n’y avait aucune solution pour faire remonter mes points de santé. Je regardai ce qu’il fallait pour fabriquer un bandage, mais malheureusement, je n’avais pas les outils nécessaires. J’étais obligé de chercher du bois et des pierres. Je retournai sur l’île principale et j’escaladai une falaise. La vue était magnifique. Lorsque je redescendis, je décidai de traverser le lieu des renards mais évidemment sans les croiser. Sauf que sans le faire exprès, je tombai encore une fois, ce qui diminua mes points de santé à quinze. Par chance, je retrouvai une bouteille d’eau et une voiture. Je conduisis la voiture vers le territoire avec les renards. 

Soudain, je vis une grande base en métal avec une forme circulaire et de couleur gris acier. Sur la porte du bâtiment circulaire se trouvait une sorte d’appareil qui demandait  un code. Je ne pouvais donc pas entrer. Je me dirigeai à nouveau vers ma voiture mais je décidai finalement que je ne voulais pas y entrer. Comme je m’ennuyais un peu maintenant de ce jeu ou de ce rêve, je décidai que je voulais partir sur une autre île, beaucoup plus vaste.  Je mangeai tout ce que je pouvais manger et boire tout ce que je pouvais boire et commençai à me diriger vers la deuxième île en nageant. Je voulus alors regarder les poissons dans l’eau mais ceci était une très mauvaise idée. Comme j’étais stupéfait par leur beauté, j’oubliai que je ne pouvais pas rester dans l’eau à jamais et finis par me noyer. 

Je me réveillai, c’était le matin. Je faisais des rêves étranges ces jours-ci. Après ma routine habituelle qui consistait à prendre un bon petit déjeuner, je dormis avant de participer à ce satané Zoom à  huit heures du matin ! En effet, c’était de la torture. Que voulez-vous que je comprenne dans un cours à huit heures ? Dans tous les cas, cette journée était normale, il n’y avait rien d’extraordinaire. Il était déjà dix-sept heures, lorsque l’école et tous les devoirs à faire furent finis.   
« Jacinthe ! 
– Oui ? Me répondit-elle d’un ton énervé, qu’est-ce que tu veux ?
– On ne peut pas jouer à Jenga ou autre chose ? 
– Mais non, je travaille Zalim, tu ne vois pas ! s’exclama-t-elle.
– Ok. » Lui répondis-je d’un ton réprobateur. 
Je me fichais un peu maintenant de son opinion. Ce n’était pas une très bonne décision de s’installer ensemble.
Je décidai d’aller directement au lit car apparemment madame ne voulait pas passer du temps avec moi !

Le jeu me ressuscita, c’était bien. Mais apparemment, mes points de santé étaient seulement de deux sur cent. Parfait ! Je me retrouvai dans un bateau sur le sable. Alors je décidai de partir voir les côtes de l’île, de faire une promenade. Je longeais les côtes quand je me retrouvai sans essence. Ah, j’avais oublié de regarder le niveau d’essence avant de monter à bord ! C’est pourquoi je commençai à nager vers l’île. Quand finalement, je rejoignis la plage, j’étais en plein milieu de quelque part que je ne connaissais pas.  Je commençai à gravir une montagne d’où je pouvais tout voir. Tout semblait être silencieux. Les oiseaux chantaient, au loin un cerf était en train de rôder. Mais je remarquai une chose de plus. C’était une sorte de base circulaire qui se tenait un peu plus au loin. Par curiosité, je partis examiner ce que c’était. Mais sur ma route, un renard me croisa. Je fus alors obligé de fuir vers la mer pour ne pas être attrapé et avant que je le sache, cette base était déjà perdue de ma vue.

Je décidai alors de retrouver la  base que j’avais perdue car elle m’intriguait. Je fis des efforts pour essayer de retrouver le code. Mais mes efforts partirent en vain et je retournai dans la voiture la tête baissée. Soudainement, je remarquai qu’il y avait un sanglier qui me suivait. Vite, je démarrai la voiture et sans pouvoir faire demi-tour, je partis à reculons vers la mer. Comme je savais conduire une voiture, j’arrivai à effectuer un virage juste avant d’entrer dans la mer et je me sauvai sans aucune blessure. 

En sécurité, je descendis et j’entrai dans la mer pour observer les poissons. Sans le faire exprès, je fis tomber mon cartable. Je fus donc obligé de le retrouver dans les fins fonds de la mer. Mais, avec la tristesse d’avoir tout perdu, je sortis de l’eau.
Du coin de l’œil, je remarquai un fleuve. Je partis m’y baigner. Juste avant que je puisse sortir, je tournai le dos et un ours était en train de me griffer. Je commençai à courir  mais ne sachant pas où était la mer, je finis par partir du côté opposé. J’entrai dans la zone des sangliers. Maintenant, ce n’était pas juste un ours mais un sanglier qui m’avait également repéré et me suivait. Sous la pression, sans le faire exprès, je me dirigeai vers les renards. Ils commencèrent à me pourchasser. De peur, un cerf était en train de courir devant moi, en fuyant des prédateurs. A ce point, je ne savais point s’ils me suivaient, suivaient le cerf, et s’il y avait vraiment une différence entre moi et le cerf. Il courait plus vite que moi, le cerf. J’étais content qu’au moins il n’y ait pas de lion.
Oh non, j’arrivai devant le volcan. Ok, adieu, je mourrai dans quelques secondes…  

Doga Baklacioglu et Lina Guinard Ebeid, 4A

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