Accessits du jury du Concours Loti News 2021 : des nouvelles prometteuses !

Le jury composé de 9 professeurs (Lettres et documentation) et élèves (membres de Loti News) s’est réuni vendredi 11 juin et, outre le choix des lauréats, a décidé d’encourager certains écrivains en herbe dont les nouvelles sont prometteuses !

En particulier, 4 participants au Concours Loti News 2021 d’écriture de nouvelles sur le thème de la science-fiction se sont vus décerner un accessit :

Accessit du jury « Loti news » :
Banque d’odeur, Jalolbek Khaydarov, 3B

Accessit du jury « Loti news » :
De Omnibus Dubitandum, Defne D. Aydin, 3B

Accessit du jury « Loti news » :
Mystère sur Lopus, Reha Draman, 4C

Accessit du jury « Loti news » :
La Polysphérisation, Irmak Öcalan, 3B

Les lauréats de cette distinction honorifique sont récompensés par des exemplaires d’œuvres choisies à leur convenance.

Nous donnons rendez-vous aux écrivains en herbe en 2021-2022 pour la 2e édition du Concours Loti News !

Mme Atay et M. Gérard


Accessit du jury

Banque d’odeur

Je n’avais jamais connu la Terre. Je n’avais jamais senti l’odeur de l’herbe ou des arbres. Je n’avais jamais vu un jardin ou entendu le chant des oiseaux, sauf dans les films ou sur les tablettes. Quand je sortais dehors, je ne voyais que les murs blancs des bâtiments et l’asphalte noir de la rue. Je ne respirais que l’air inodore et stérilisé à travers mon masque, et je n’entendais que le bruit des sirènes et des annonces des autorités dans les radios. Mon père me racontait ses histoires, ses expériences, comment il allait à l’école, jouait dans l’herbe, regardait le football, mais moi je ne comprenais pas. Je ne connaissais que le monde en noir et blanc. 

Ce jour-là, nous avions eu le droit de sortir pour la première fois après six mois, mais seulement jusqu’à midi. Mon père m’avait réveillé tôt pour que nous puissions passer plus de temps dehors. J’attendais près de la porte pendant qu’il cherchait les masques et les gants. Quand il vint et quand nous fûmes près, il ouvrit la porte et me prit par la main.
« Où va-t-on? lui demandai-je pendant que nous marchions.
– J’ai une surprise. Tu verras, répondit-il. » 

Nous arrivâmes à la sortie de notre quartier et nous nous mîmes dans la queue. Quand notre tour arriva, le garde, habillé en noir, son visage couvert avec un masque, un arme à feu dans ses mains, interrogea mon père :
« Nom ? dit-il.
– Jalolbek Khaydarov, répondit mon père.
– Et lui ?
– C’est mon fils, Joseph.
– Il a quel âge ?
– Huit ans. »
Pendant qu’ils parlaient je regardais autour de moi. J’observais les sales et immenses murs blancs qui nous entouraient. Le mot « Quartier 5 » était écris en noir. Le ciel était gris et couvert par les nuages. On ne pouvait pas voir le soleil, même si c’était éclairé.
« Où voulez-vous aller ? demanda le garde.
– À Istinye Park. Je pense qu’il y a une grande vente dans le bazar, répondit mon père. 
– D’accord, voici votre trajectoire et votre laisser passer, dit-il en sortant une petite carte et un ticket.
– Merci beaucoup. »

La porte derrière s’ouvrit et nous sortîmes du quartier. Mon père regardait la carte et les indications sur les murs. Il s’arrêta près d’un bus et nous entrâmes à l’intérieur. Moi, je regardais toujours autour de moi. Je ne voyais qu’une couleur : le gris.
« Tu vas bien ? demanda mon père.
– Papa, pourquoi y a t-il tellement de murs ? lui demandai-je à mon tour.
– Ils ont été mis là au début de la pandémie, en 2025. Ils servaient à diviser les zones selon le niveau de danger après que le virus s’est suspendu dans l’air. 
– Et les arbres ? Ils sont où ? Et les oiseaux ?
– On ne peut pas les voir, les arbres. Ils sont dans des zones spéciales, les oiseaux sont avec eux, il en reste très peu. 
– Et les odeurs ? »
Il sourit. 
« Les murs, répondit-il, le sol et cætera sont tous stérilisés chaque nuit pour tuer le virus qui s’est attaché sur eux. C’est pour ça que tu ne peux rien sentir. Mais j’ai une surprise pour toi aujourd’hui, tu comprendras peut-être un peu de notre monde avant tout cela. »

Le bus s’arrêta. Mon père me prit par la main et nous nous retrouvâmes de nouveau près d’un mur. Le mot « Istinye Park » était écrit au-dessus. Nous passâmes par le garde et entrâmes dans le bazar du centre commercial. C’était extraordinaire, il y avait des couleurs partout et une forte odeur que je ne pouvais pas comprendre était répandue dans l’air. Des gens vendaient des objets de toute sorte, des jouets, des souvenirs, des chapelets, et des matériaux que je n’avais jamais vu de ma vie. 
Mon père m’emmena près d’un homme qui vendait des tubes en couleur. Différents mots étaient écrits au-dessus : « la mer », « la rose », « l’herbe », « la pluie ».
« Bonjour, dit mon père.
– Bonjour, comment allez-vous ? répondit l’homme.
– Bien et vous ?
– Bien aussi. Comment puis-je vous aider ?
– J’ai lu qu’on pouvait fabriquer nos propres odeurs ici. Je voulais que mon fils puisse ressentir au moins quelque chose de notre monde avant ce bordel. »
Il caressa ma tête. 
– Ah oui, répondit le marchand, ils ne la connaissent pas hein ? La Terre telle qu’elle était. Tu sais, nous n’avons pas profité de notre temps, nous. Bon, quelle odeur veux-tu fabriquer ? »
Mon père me regarda. Il leva ses yeux, comme s’il se souvenait. Ensuite, il regarda parmi les choix et répondit : 
« Commence avec celle-là : l’herbe.
– D’accord, » répondit le marchand.
L’homme prit un pot en plastique et la mit sur le comptoir. Il choisit un tube vert dans la collection, l’ouvrit et versa la poudre verte à l’intérieur dans le pot.
Papa me regarda encore une fois. Il se souvenait encore plus. Soudain, il claqua ses doigts et choisit un tube bleu : la pluie. L’homme refit la même procédure. Mon père réfléchit encore.
« Je veux quelque chose qui rappelle l’école, dit-il.
– Tu peux choisir celui-là : l’odeur d’un nouveau livre.
– Ah oui. Mon fils, lui, n’a jamais vu un livre. Il a tous ses bouquins sur les tablettes et les ordinateurs.
– En effet. Quoi d’autre ?
– La mer peut-être. Ça me rappelle les journées à Tarabya sur le Sahil, avec les pêcheurs. 
– Ah oui, tu me fais souvenir. Encore ?
Mon père me regarda. Il se mit à genoux.
– Tu veux lequel ? me demanda-t-il.
Je regardai la collection des odeurs. J’observais les différentes couleurs, les différents noms. Enfin, j’en choisis une.
– Celle-là ! dis-je.
– Ah, répondit le marchand, la rose. Évidemment, on en voit très peu de roses aujourd’hui. Quoi encore ?
– Euh… Celle-là !
– L’arbre, d’accord.
– Et celle-là! Le bois !
– Ah ah ah. Bon choix, ça me rappelle les journées dans la forêt lorsqu’on faisait du camping. »
L’homme mélangea toutes les poudres et ferma le pot. Il le prit et le mit dans un four. Pendant ce temps, mon père mit sa main sur mon épaule. Il se rappelait de quelque chose. Il était ému, ses yeux étaient remplis de larmes. 

Enfin, l’homme sortit le pot, l’ouvrit et versa les constituants dans un long tube. Les poudres sont devenues un liquide. Il prit une petite feuille, appuya sur le haut du tube et une petite quantité du liquide se vaporisa sur le bout de papier. Il la donna à mon père. Papa la prit, baissa son masque, et la sentit. Il toussa.
« Oh ! cria-t-il, c’est fort !
– Ah ah ah, ricana l’homme, nous ne sommes pas habitués. Ça te rappelle quoi ?
– Je ne sais pas. Mon enfance. La joie. En effet, ça me rappelle ma mère aussi.
– Bien sûr. Sans mère, l’enfance et la joie n’est pas complète. »
Papa avait les larmes aux yeux. Il me regarda encore une fois et me donna la feuille. Je la pris, baissais mon masque, et sentis. Je commençais à tousser et éternuer instantanément. L’odeur était forte, mais je ne la comprenais pas. 
« C’est quoi ça ? dis-je, c’est bizarre !
– C’est notre enfance, répondis mon père. C’est ce que tu voulais. »
Il prit le tube et me prit par la main. Il serait midi dans quelques heures. Il m’emmena dans les autres magasins, dans les restaurants. Moi, je regardais la feuille dans mes mains. Chaque fois que je la reniflais je me transportais quelque part d’autre, mais je ne comprenais pas l’odeur, elle me semblait bizarre, anormale, et étrangère. Cette feuille contenait le passé, elle contenait des souvenirs. C’était une relique. 

Mon père me racontait souvent ses histoires d’enfance, mais ce n’est que maintenant que j’ai pu vivre un petit bout de sa mémoire. Néanmoins, pendant que je tenais un monde complètement différent entre mes doigts, le vrai monde m’attendait dehors, un monde sombre, inodore, et enfermé.

Jalolbek Khaydarov, 3B


Accessit du jury

De Omnibus Dubitandum1

Eudoxia était pâle. Certains la fixaient avec des regards la condamnant. Elle se disait : « C’est une procédure simple » toutes les dix secondes en inspirant une grande bouffée d’air. La lumière bleuâtre et aveuglante de Vega se propageait dans tout le vaisseau. Eudoxia, angoissée, remarqua une anomalie sur le poste de commande. Elle ordonna aux ingénieurs d’examiner le réacteur matière-antimatière. En attendant les résultats, elle se concentra sur sa mission. « Je suis une pionnière » se dit-elle, « Non ducor, duco2 ». Eudoxia releva son dos, hypnotisée, regarda le grand écran qui affichait le message « Voile solaire prêt ».  Elle appuya sur un bouton du poste de commande et dirigea le voile vers l’étoile éblouissante. L’équipage semblait apaisé. La sonde commença son voyage. Celle-ci avait comme mission d’explorer Vega. Eudoxia, elle, avait accompli sa première mission. 

Depuis le vaisseau spatial Dulce Periculum3, le Soleil existait toujours. L’équipage, nostalgique, admirait la géante rouge sur le point de mourir. Il y a 27 années terrestres, c’est-à-dire en l’an 3’9958 (3 millions 9958), le Soleil s’était finalement transformé en une étoile naine, engloutissant toutes les planètes telluriques pendant l’explosion. En 3’9985, une nébuleuse planétaire recouvrait le système solaire. 

La voix de l’ingénieur en chef perturba l’épisode nostalgique d’Eudoxia. L’anxiété avait envahi son corps. L’équipage était tourmenté par l’angoisse de leur capitaine. « Nous ne pourrons pas utiliser le réacteur en ce moment sinon le vaisseau explosera. La pièce où la matière et l’antimatière s’annihilent pour nous donner de l’énergie n’est plus sous vacuum. Nous ne comprenons pas comment. Nous avons isolé la pièce, c’est inouï ! Il faudra utiliser une autre source d’énergie pour continuer notre trajet. », expliqua l’ingénieur. Le silence régna sur le centre de commandement. Sans le réacteur matière-antimatière, Dulce Periculum ne pouvait pas sortir du système de Vega en moins de 30 années terrestres. Eudoxia ordonna ainsi de réparer le réacteur le plus rapidement possible, espérant ne pas rencontrer de danger. 

Ayant du temps libre, la capitaine décida d’analyser l’environnement. Elle ne rencontra rien d’intéressant. Il n’y avait pas de planète qui orbitait autour de Vega. Ce n’était pas un système binaire, il n’y avait même pas une ceinture d’astéroïdes aux alentours. Seule l’étoile était étourdissante. Eudoxia continua tout de même son analyse, souhaitant découvrir un astre pour lui donner un nom latin distinct. La capitaine était passionnée par la langue latine. Lorsque ses officiers supérieurs lui avaient demandé de nommer son vaisseau, elle n’avait pas hésité. « Je le nomme Dulce Periculum, le danger doux », avait-elle dit.  Eudoxia n’était pas une extrêmophile mais aimait une aventure excitante. 

Un son assourdissant effraya Eudoxia. Inquiète, elle essaya de comprendre pourquoi cette alarme avait été déclenchée. Elle se précipita vers le centre de commandement. Le grand écran affichait cette fois le message « Antimatière détectée ». Les astrophysiciens à bord essayèrent de donner leurs opinions sur le sujet. La capitaine était persuadée que l’ordinateur avait fait un court circuit. De l’antimatière ne pouvait pas être détectée. Elle se serait transformée en énergie pure au moment où elle aurait interagi avec la matière. Perplexe, Eudoxia demanda à l’ordinateur de lui montrer la source de l’antimatière. L’écran afficha soudain Vega en gros plan. Eudoxia ordonna une réunion avec tous les spécialistes à bord. 

« Vega ne pourrait pas contenir de l’antimatière. Il est hors de question que cela ait la moindre possibilité d’être vrai ! », s’exclama un physicien quantique. « Pourquoi nous soucions-nous ? Nous sommes à une distance raisonnable de Vega, nous ne craignons aucun danger. Le plus important pour le moment serait de réparer le réacteur et de continuer notre voyage. », s’écria un autre. Eudoxia était exaltée. Elle était consciente qu’elle devait apprendre si l’étoile contenait vraiment de l’antimatière. Elle avait comme responsabilité d’explorer l’inconnu pour la progression de la science. En revanche, elle ne pouvait absolument pas mettre ses coéquipiers en danger. La capitaine décida alors d’utiliser le voile solaire. 

Tout était prêt. Les équipements sophistiqués du voile pointaient tous vers la mystérieuse Vega. S’il y avait réellement de l’antimatière dans l’étoile, le voile pourrait le détecter. À la sixième heure de son inspection, le voile repéra de l’antimatière. Eudoxia fixait des yeux le grand écran. Un seul mot lui vint à l’esprit : « impossible ». Le brouhaha déconcentra la capitaine. Elle ne remarqua pas l’étrange créature essayant de parler sur l’écran. La créature ressemblait à une pieuvre terrestre. Elle était d’un noir scintillant. Ses yeux, comme dessinés avec de l’encre, clignotaient incessamment. Eudoxia obtint le silence total en un geste. L’être humain avait déjà été en contact avec quelques formes de vie mais elles étaient toutes primitives. Si cette pieuvre était parvenue à se connecter sur un ordinateur, elle devait avoir une certaine intelligence. En se souvenant du protocole, Eudoxia essaya de communiquer avec la créature. La pieuvre, impatiente, ne semblait pas vouloir échanger avec la capitaine. « Nous laissons vivre les hommes, les hommes laissez nous tranquilles. », dit la pieuvre d’une voix sèche. Eudoxia eut soudain une idée. Était-il possible que cette créature soit la source de l’antimatière d’une façon ou d’une autre ? « Nous n’étions pas informé de votre existence. Nous vous laisserons tranquilles après avoir résolu un mystère. Nos détecteurs montrent qu’il y a de l’antimatière dans l’étoile en face de nous. Sauriez-vous la cause de cette anomalie ? », dit Eudoxia d’une voix calme et sereine. La créature poussa un cri aigu. La capitaine ordonna à l’équipage de quitter le centre de commandement. La panique que ressentaient ses coéquipiers pouvait exciter davantage la créature.

Eudoxia demanda à la pieuvre d’expliquer l’origine de l’antimatière si l’entité le savait. La créature, plus calme désormais, considéra la demande. Au bout de quelques minutes, elle accepta. « Nous avons besoin d’énergie pour vivre. Sans les photons qui passent à travers nous, nous ne pouvons pas exister. Pour survivre, nous accumulons de la matière près de nos habitations et nous envoyons six particules d’antimatière chaque six heures, pour que la source d’énergie reste stable. Ces six particules s’annihilent avec six particules de matière donnant, avec vos termes, 9,78 x 10-13 joules. Les astres que vous appelez des étoiles sont en réalité nos boules de matières alimentées par l’antimatière. Nous avons un contrôle total sur vos étoiles. », expliqua l’entité sur un ton machiavélique. 

Eudoxia pensa soudain au Soleil. Le Soleil qui avait détruit sa planète. Elle plongea dans un abîme de désespoir. Cette forme de vie avait tenté d’assassiner tous les vivants sur Terre. Elle compris qu’elle n’aurait pas le temps de partager l’information avec ses coéquipiers. Le grand écran afficha le message « Antimatière détectée ». Six heures n’étaient pas passées depuis la dernière détection. Vega allait exploser et engloutir le vaisseau. « Amusez-vous bien. Vous ne mourrez qu’une seule fois dans votre vie ! », s’écria l’entité sadique. 

Eudoxia était pâle. Elle se réveilla brusquement. Elle regarda la date sur son téléphone comme pour s’assurer qu’elle était vivante. Le petit écran affichait « vendredi 15 janvier, 2021 ». Eudoxia se dit que son rêve était absurde. 

L’ignorante Eudoxia ne savait pas que son rêve n’était pas exactement un rêve. Les gouvernements dans le monde entier gardaient un secret de leurs populations. L’entité du rêve d’Eudoxia existait vraiment, ce qui signifiait que ces créatures habitaient près de la Terre. Elles pourraient apporter la fin de l’humanité à tout moment. Pour cela, les gouvernements commencèrent une opération où ils plaçaient des rêves lucides dans la mémoire des pionniers potentiels lorsqu’ils dormaient. Ils évaluaient ces personnes, leur prise de décision, leurs réactions à différents scénarios. Ces personnes étaient le dernier espoir de l’humanité. 

1 De Omnibus Dubitandum : Se méfier de tout.
2 Non ducor, duco : Je ne suis pas menée, je mène. 
3 Dulce Periculum : Le danger doux.

Defne D. Aydin, 3B


Accessit du jury

Mystère sur Lopus

Le soleil était d’une lumière éclatante ce soir-là, vu de Lopus. Mon camarade de chambre Mike et moi finîmes nos tâches quotidiennes assez rapidement, et nous nous retrouvâmes dans l’office principal de la base spatiale. Ah oui, j’ai oublié de me présenter, je m’appelle Lucas et je suis chercheur en astronomie. Je vivais au Canada avant d’entendre parler de la découverte d’une nouvelle planète. Heureusement, étant un chercheur haut gradé, je pus avoir accès à toutes les informations sur ce dossier classé top secret. Cette planète, ou devrais-je plutôt dire ce grand astéroïde s’appellerait Lopus et serait doté d’atmosphère, mais le plus impressionnant, c’est que des astronautes y auraient trouvé de l’eau. L’eau signifiait la vie et je ne pouvais m’enlever l’idée de la tête que cet astéroïde puisse héberger des dizaines ou peut être même des centaines de vies. Ces découvertes pourraient faire avancer incroyablement la science. J’appris également qu’une première équipe de chercheurs y était déjà allée pour marquer le terrain et pour y établir une base de recherche. Quelque chose est sûr, je voulais participer aux recherches qui auraient lieu là-haut.

Après avoir préparé ma valise avec tout ce dont j’avais besoin, je montai dans ma voiture en hâte car la science n’attend pas et je me dirigeai vers la ville de Floride nommée Cap Canaveral où se situait la station de décollage de la NASA nommée Kennedy Space Center. Je m’inscrivis et on me fit passer pleins de tests. Deux semaines après, je fus fin prêt et sélectionné avec trois autres personnes, des scientifiques dont, pour certains, j’avais déjà entendu parler. Le voyage en fusée dura 72 h. En se rapprochant de la planète, je remarquai que sa couleur était violette et qu’il y neigeait.

Nous atterrîmes doucement sur Lopus et nous nous dirigeâmes vers l’office principale de la station où nous allions avoir notre première réunion. Le commandant de bord que tout le monde appelait « chef » était une personne assez discrète mais ce qui me marqua le plus, c’est qu’il avait l’air tendu et sur ses gardes comme si quelque chose l’effrayait. Il était accompagné d’un autre homme, « Richard ». Il nous informa que la première équipe était déjà sur le lieu de recherche. Nous irions les aider demain vers 10 heures. On nous attribua à chacun un binôme de chambre. Le mien s’appelait Mike, avec lequel je m’entendais déjà bien. Nous eûmes beaucoup de temps le soir pour discuter et nous fîmes longuement connaissance. De fatigue, je m’écroulai sur mon lit et je m’endormis comme une masse.

Le matin, je fus réveillé par mon ami Mike. Nous nous préparâmes et rejoignîmes les autres à l’office principal où nos trois autres coéquipiers prenaient leur petit déjeuner. Le chef n’était pas parmi nous. Richard, le binôme de chambre de ce dernier (qui était également le commandant adjoint), nous informa qu’il ne se sentait pas très bien, et que pour cette raison il était resté dans sa chambre et qu’il allait être lui-même en charge du groupe. Quelques heures plus tard, nous partîmes enfin prêter main forte à nos coéquipiers.

Nous voyageâmes dans de grosses voitures tout-terrain. J’étais avec Mike, et une autre chercheuse nommée Oméga. Nous avancions plutôt rapidement sur la poudreuse et après quelques minutes nous vîmes enfin la station de recherche. Nous étions arrivés en premier, c’est la raison pour laquelle nous attendîmes quelques minutes la deuxième voiture. Une fois tout le monde prêt, nous nous dirigeâmes vers la base. Quelque chose me parut étrange, il n’y avait personne. Du moins, il n’y avait aucun bruit. Pourtant, la base ne paraissait pas abandonnée. L’équipe de recherche avait reçu l’ordre de nous attendre avant de commencer les recherches de la journée. Richard n’arrêtait pas de répéter que c’était très bizarre. Nous nous séparâmes donc pour essayer de les trouver. Je me dirigeai vers les bureaux. J’ouvris la porte et ce que je vis faillit me faire perdre connaissance. Devant un bureau de la pièce, sur une chaise se trouvait le corps d’un des chercheurs. Il était couché sur le clavier de son ordinateur qui était encore allumé. Je rafraîchis l’écran et je tombai sur un document top secret. Ce que je découvris alors m’horrifia. Les chercheurs avaient fait la découverte d’un virus très dangereux. Ce virus pourrait apparemment prendre possession de sa victime et lui faire commettre des actes horribles comme tuer. Ce virus rendait son hôte plus fort, plus intelligent et complètement dépendant de lui. C’est à cet instant que je me maudis d’avoir laissé la porte ouverte derrière moi. On m’asséna un coup sur la tête et je tombai dans les pommes.

Quand je me réveillai, j’étais toujours à la même place. J’allumai l’ordinateur, mais évidemment, le fichier avait été complètement effacé. Un corps gisait toujours à mes pieds. Quelque chose avait changé. C’était maintenant le corps de Richard qui était par terre et avait un poignard dans le dos. Je me dirigeai abasourdi, vers le point de rendez-vous où mes quatre collègues m’attendaient. Nous avions tous trouvé un cadavre et tous été assommés. Quelque chose était sûr, une personne parmi nous était contaminée, nous mentait et avait l’intention de nous tuer, tout comme les précédents chercheurs. Je leur fis part de ma découverte du corps de Richard et de ma découverte sur ce virus, puis un silence s’installa…

Tout le monde avait l’air choqué par ce qu’ils venaient d’entendre.
Ils avaient tous très peur, tout comme moi d’ailleurs.
Puis, quelqu’un s’approcha silencieusement derrière nous et quatre coups de feu retentirent. 
Pour une raison que j’ignore je fus le seul à ne pas avoir été tué !

Reha Draman, 4C


Accessit du jury

La Polysphérisation

Ce jour-là, nous étions en classe comme tous les autres jours et nous allions participer à notre cours d’histoire des sciences avec Madame André. Nous étions dans une attente excitante car nous allions avoir un cours très intéressant que nous attendions depuis longtemps, lorsque Madame André arriva : 
« Bonjour les enfants, asseyez vous. Aujourd’hui nous allons aborder un sujet très important. Nous allons parler du système solaire. » 

Depuis son apparition, la Terre prenait place dans le système solaire. Elle était attirée par l’étoile appelée « Soleil » et tournait autour de celle-ci en trois-cent-soixante-cinq jours. Ceci représentait une année à cette époque. Le Soleil, lui, était une boule de feu et maintenait la température de notre planète pour la rendre vivable pour les êtres humains, les animaux, les plantes et beaucoup d’autres organismes vivants. Il y avait aussi, dans ce système, d’autres planètes que la terre. Il y avait Mercure, Vénus, Jupiter, Neptune… Ainsi la vie avait existé durant plusieurs milliers de siècles sur Terre, dans le système solaire.

Le 28 octobre 2029, notre étoile, le Soleil, a disparu. La raison de cette disparition n’est toujours pas connue aujourd’hui. Les scientifiques et physiciens n’ont jamais pu expliquer cette disparition qui est donc toujours un mystère. Sur Terre, ceci a créé une immense catastrophe. La panique dans le monde avait été terrifiante. Avec la disparition du soleil, le système solaire, lui aussi, avait disparu. Les planètes n’étaient plus attirées par la force gravitationnelle du Soleil et elles se sont dispersées dans l’espace. La Terre, elle, avançait sur une ligne droite dans l’espace. L’absence de la chaleur et de la lumière étaient les plus grands obstacles à franchir, dans cette épreuve inconnue pour l’humanité. Alors, les habitants de la planète Terre étaient face à un très long voyage sombre et effrayant, n’ayant que leur vaisseau spatial, la Terre, comme ressource…

Notre planète, qui avançait à 30 km/s lorsqu’elle était intégrée dans le système solaire, avançait maintenant a 100 km/s, n’étant plus attirée par la force gravitationnelle du Soleil. L’étoile la plus proche à atteindre, au vu de la direction qu’avait prise la Terre, était Alpha du Centaure. Les passagers de la Terre avaient eu beaucoup de chance car celle-ci était l’étoile la plus proche du Soleil. Elle se situait à 4,367 années lumière de la situation exacte de la terre. Ceci voulait dire que, s’ils voulaient vivre, les humains devaient maintenir la vie durant 13 100 ans sans étoile et donc par conséquent, sans chaleur et sans lumière… Nous appelons ces années « les années sans étoile ».

Pour qu’ils puissent survivre lors de ce long voyage de treize-mille cent ans, il était indispensable de trouver un moyen de produire de la chaleur sur Terre avant que la température moyenne terrestre ne baisse trop. Si le refroidissement dépassait le seuil des moins quarante degrés, ceci aurait été impossible pour l’humanité de hausser la température à une chaleur normale pour les vivants. En un mois, la température moyenne terrestre de vingt degrés allait atteindre zéro degré. Ceci veut dire que l’humanité avait un peu moins de deux mois pour trouver une solution à ce problème thermique. Ces derniers avaient une source productrice de chaleur, une seule. Il leur fallait  trouver un moyen de l’exploiter. Cette source n’était pas loin. La Terre, elle-même, produisait de la chaleur. Elle produisait même une très grande quantité de chaleur : la solution était d’exploiter celle du noyau terrestre. Alors tous les hommes du monde entier, toutes les industries, les usines, les chaînes de productions se sont concentrés sur la solution à cette question. Celle-ci était compliquée. Connaissez-vous tous la série d’animation « Les Simpson » ? Rappelez-vous de leurs aventures. Eh bien oui, la solution trouvée était de recouvrir les surfaces terrestres avec des demi-sphères pour pouvoir concentrer la chaleur qu’ils allaient produire sur leurs lieux de vie et pour faire en sorte qu’elle y reste. Celles-ci avaient été construites à partir de matières conduisant le moins possible la chaleur. La fabrication de ces sphères avait été très compliquée, car l’homme de cette époque n’avait pas une seconde chance s’il échouait. Ils avaient peu de temps et plusieurs règles physiques à respecter pour qu’il n’y ait pas d’explosions, de manque d’air, ou de sécheresse due à une augmentation inattendue de la chaleur. Ceci est un sujet très détaillé et je sais que vous avez beaucoup de questions, cette réussite étant quasi-impossible. Nous consacrerons un autre cours aux détails de ces demi-sphères.

– Comment, alors, les hommes ont-ils pu exploiter la chaleur du noyau terrestre ?

– Le premier objectif pour eux était d’abord de ralentir le refroidissement de la Terre. Avec un travail miraculeux et une patience infinie, les survivants de cette catastrophe avaient terminé la préparation de ces sphères en deux mois. Comme je vous l’ai dit, pour cela il a fallu que toutes les industries et forces humaines du monde se soient concentrées sur cette production. Au bout de ces deux mois, la température de la terre avait atteint les moins quatorze degrés. Seules les surfaces océaniques n’étaient pas recouvertes de glaces. 

Une fois que les demi-sphères étaient prêtes, la chaleur continuait de baisser mais de façon ralentie. L’objectif suivant de l’humanité était maintenant de creuser, dans chaque demi-sphère, un gigantesque creux allant jusqu’à obtenir assez de chaleur du noyau terrestre… Quatre mois après la disparition du Soleil, la surface terrestre s’était réchauffée d’une dizaine de degrés. Il faisait donc un degré. Alors, dans le monde entier, d’énormes célébrations spectaculaires ont pris place. Les joies humaines étaient exceptionnelles. C’était un très grand pas, critique pour l’humanité. On appelle maintenant ce phénomène la Polysphérisation.  

Plus tard, lorsque la température était aux normes, tous les spécialistes, techniciens et physiciens du monde ont formé l’ASTP qui existe toujours aujourd’hui. C’est l’Association des Spécialistes Techniques et Physiques. Tous ensembles, ils ont, au cours des années, développé de nouvelles technologies pour améliorer les demi-sphères. Ils ont donc rendu possible l’utilisation des aéroports avec des portes télécommandées sur ces dernières. Le commerce a recommencé sur Terre et le cours de la vie normale reprenait petit à petit. Cette amélioration des technologies a aussi permis de maintenir la chaleur dans les demi-sphères, pour qu’elle n’augmente pas de façon incontrôlable. Ceci étaient de gros progrès faits durant de longues et dures années qui nous permettent aujourd’hui de pouvoir respirer, de pouvoir vivre.

En parallèle à ces progrès, l’humanité a fait face à d’autres obstacles. De très grands soucis sont apparus. Le plus important était celui des énergies. La Terre avait devant elle treize millénaires sans lumière, treize millénaires où il y aurait deux fois plus de consommation d’énergies, treize millénaires d’obscurité, treize millénaires de nuit. L’éclairage de la Terre était le plus grand problème. L’exploitation énergétique était en grand danger. Les énergies renouvelables étaient le seul choix de l’humanité. Les ressources nécessaires pour la production d’énergies fossiles étant limitées, le défi humain était de réduire peu à peu l’utilisation de ces dernières jusqu’à ne plus les utiliser.

– Que sont les énergies fossiles ?

– Avec cette question, on peut comprendre que l’humanité a réussi son défi. Les énergies fossiles sont des énergies non-renouvelables qui étaient produites à l’époque du système solaire avec la combustion de matières limitées. Au cours du temps, l’humanité a réduit l’utilisation de ces énergies et a donc utilisé, exploité les énergies renouvelables. Ceci avait été une période très compliquée car il avait fallu exploiter tout l’espace vide avec des éoliennes, tous les cours d’eau avec des centrales marémotrices et des centrales hydrauliques.

Une fois que tout avait été mis en place de façon scientifique, même si la vie normale, les autres secteurs industriels et autres branches de travail ont commencé petit à petit à se remettre aux normes, la psychologie humaine allait être bouleversée pour les années suivantes. Plusieurs milliers de générations allaient naître dans une nuit infinie, enfermés dans des demi-sphères sans s’être baignés une seule fois dans la mer et sans avoir vu une seule fois le jour. Cette terrifiante psychologie avait causé des problèmes politiques et des catastrophes moraux dans le monde des « années sans étoiles ». Vous verrez cela de façon plus détaillé avec votre professeur d’histoire-géographie. Quand la Terre avait pris sa place dans le système actuel, appelé système centaurique en 15 129, la Dépolysphérisation a pris environ mille ans. La principale raison était l’attente de la fonte des glaciers qui entouraient les demi-sphères. Un siècle avant notre date actuelle, en 16 132, les sphères ont été enlevées de la façon indiquée par les physiciens et aujourd’hui, en 17 143, nous voilà vivant comme le vivaient auparavant les hommes à l’époque du système solaire. La réadaptation scientifique a été compliquée mais cela n’a pas pris plus d’une centaine d’années pour connaître notre nouveau système… Ce voyage mortel et cette réussite  miraculeuse des hommes des « années sans étoiles » nous permettent aujourd’hui de pouvoir avoir une vie, de pouvoir être nés. Ils ont su se réadapter rapidement pour sauver l’avenir de l’humanité.  Nous pouvons également remarqué que, durant les « années sans étoiles », les hommes ont dû arrêter de produire des énergies fossiles. Celles-ci détruisaient la Terre et le lieu de vie de plusieurs espèces animales. Étant conscient de cela, l’humanité n’a jamais rien fait pour stopper cette destruction. Ils ont été obligés de l’arrêter face à une catastrophe mortelle. Pour en tirer une leçon, soyez vous, ne continuez jamais à agir sachant que cela donne du mal à d’autres, sinon, vous serez obligés de l’arrêter d’une façon moins plaisante…

Irmak Öcalan, 3B


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