Palmarès du Concours Loti News 2021 : des nouvelles époustouflantes !

Le jury composé de 9 professeurs (Lettres et documentation) et élèves (membres de Loti News) s’est réuni vendredi 11 juin pour attribuer, pour sa première édition, les trois prix de ce tout nouveau concours ouvert aux élèves de 4e et 3e. Nous les remercions chaleureusement pour le temps consacré en cette période difficile.

Voici le palmarès 2021 du Concours Loti News d’écriture de nouvelles ! Cette année, la science-fiction est époustouflante, et les productions de grande qualité !

Grand prix du jury « Loti news » :
L’allée des photoncioles, Maria Cringasu, 4C

Prix « Écrivain confirmé » :
Double conscience, Louis Geffroy, 3A

Prix « Espoir 2021 » :
Deus, Sacha Suadiyeli, 3D

Les lauréats sont récompensés par des exemplaires d’œuvres choisies à leur convenance.

Nous donnons rendez-vous aux écrivains en herbe en 2021-2022 pour la 2e édition du Concours Loti News !

Mme Atay et M. Gérard


« Grand prix du jury Loti News »

L’allée des photoncioles

« Kaïa, Kaïa… ce soir leur lumière est plus intense que d’habitude ! Regarde-les ! » Au-dessus de nous flottaient dans un nuage translucide, une multitude de photoncioles. Leur vol chaotique créait au-dessus de nous un réseau de lumière éclatante. Chaque fois que les créatures mystérieuses apparaissaient, mon petit frère Elio entrait en transe. Il était complètement fasciné par les étranges créatures qui nous suivaient dans tous nos trajets depuis qu’on était très jeunes. Ces créatures étaient apparues sur Terre peu de temps après la Grande Guerre Nucléaire de 3026, également appelée la GGN. Personne ne savait d’où elles venaient, comment elles se nourrissaient et surtout quel était le mécanisme par lequel elles se protégeaient du niveau très élevé de radiations. 

Deux cents ans après la GGN, la Terre était devenue une planète stérile en proportion de 98 %. La seule zone verte restante était  « Le Grand Cercle ». C’était le seul endroit habité par l’espèce humaine, où notamment j’habitais avec mes parents et mon petit frère Elio et des dizaines d’autres familles. Au cours des années, le corps humain avait réussi à s’adapter aux radiations grâce aux modifications de notre ADN. Malgré ces transformations, l’intensité des radiations augmentait considérablement d’un moment à l’autre et bientôt cette « armure protectrice » de nos corps ne pourrait plus y faire face. 

C’était notre dernier jour sur cette planète dévorée par les radiations et notre dernière promenade avant « le Grand Saut ». Elio leva son regard et me demanda tristement « Penses-tu qu’on les reverra ? » Je caressai lentement sa joue sans pouvoir m’empêcher de remarquer la tristesse dans ses yeux violets. Il était tellement affligé parce qu’il devait abandonner ses amis que je ne pus m’empêcher de lui mentir « Peut-être qu’ils nous accompagneront… ». Je sentais qu’une partie de mon âme irradiée resterait pour toujours emprisonnée ici, avec les photoncioles. C’était bizarre que parmi tous les habitants de la planète, juste ceux qui possédaient des iris violets pouvaient percevoir les photoncioles.

Ma famille faisait partie des 1 % qui présentaient une anomalie chromosomique. Nous étions capables de voir en dehors de notre spectre chromatique ordinaire. Nous vivions dans un monde peint de couleurs éblouissantes. Pour nous, les radiations avaient créé, dans cette dimension chromatique, un univers d’une beauté chimérique. Nous étions des anomalies de qui on s’attendait à un miracle. « Les violets », comme nous étions surnommés, étaient considérés l’espoir de notre colonie. 

Le scientifique Frolo Q faisait les derniers préparatifs pour « le Grand Saut » dans l’Hyperespace. Le portail était prêt. Ma famille avait été choisie pour ce voyage car nous étions les seuls à pouvoir déchiffrer le code chromatique du passage à travers le portail. Notre mission était de découvrir une autre maison pour les quelques personnes qui étaient restées sur notre planète mourante. Il était déjà tard et les photoncioles s’étaient positionnées comme d’habitude le long de l’allée qui menait à la colonie. C’était un rituel bizarre de ces créatures. Chaque nuit, elles se plaçaient et créaient la forme d’un pentagramme en éclairant notre chemin. Le mouvement de chaque être était parfaitement synchronisé à celui des autres afin de ne pas fragmenter le modèle. Ils avançaient devant nous et faisaient un bruit qui ressemblait au ronronnement d’un chat choyé. 

À notre arrivée, ma mère nous emmena dans le laboratoire. Là, nous nous entraînions tous les jours pour « le Grand Saut ». Chacun d’entre nous avait comme but de résoudre cinq équations chromatiques par jour. C’était amusant mais extrêmement fatigant car il fallait toujours découvrir le chromatique inconnu. Ce jour-ci, le professeur Frolo Q était venu pour les tests finaux. Il vérifia tous nos paramètres physiques et fit une série de tests d’acuité chromatique. Nous obtînmes tous des scores d’exception. Nous étions prêts !

Le lendemain matin, nous nous équipâmes de nos combinaisons de voyage. Pour les yeux des autres, nos combinaisons étaient bleues mais pour nos yeux, elles étaient tout à fait spectaculaires. Leurs couleurs flamboyantes étaient disposées dans des centaines d’hexagones. Le portail reconnut cette configuration chromatique et nous permit d’accéder à la zone de décodage. A ce moment, je sentis des gouttes de sueur se former sur mon front, c’était pour la première fois que j’avais réellement peur. J’entrai dans le Grand Vide du portail et dans la zone de décodage. Devant chacun d’entre nous, apparut une équation chromatique. Elles étaient beaucoup plus compliquées que d’habitude. Nous présentâmes les quatre solutions simultanément et l’Hyperespace s’ouvrit devant nous. Il était difficile de décrire avec des mots la grandeur de ce moment. Les sons, les odeurs, les sentiments et les goûts s’amplifièrent tous. J’entendais les couleurs, je pouvais voir des chansons, je pouvais goûter les odeurs, tout s’était mélangé dans ce chaos parfait ! Toutes ces synesthésies firent de ce moment une expérience bouleversante et accablante. Nous nous synchronisions parfaitement avec la matière qui nous entourait ! Et soudain… boum ! Je me retrouvai dans l’abîme noir et blanc ! J’avais lu des théories sur son existence, mais maintenant je vivais son existence ! « La lave »  d’antimatière noire et blanche coulait autour de moi. Je savais que ce n’était pas un bon signe ! Je fermai les yeux et me réveillai près du portail de la colonie mais cette fois-ci… seule. Le scientifique Frolo Q me regardait avec inquiétude et me donna de terribles nouvelles : j’avais voyagé à travers l’Hyperespace et une vague d’antimatière avait détruit l’Equilibre. Il me rassura en m’apprenant que ma famille avait survécu mais, malheureusement, le portail était devenu dysfonctionnel après mon retour. Il me dit, avec beaucoup de peine dans sa voix, « Kaïa, actuellement on ne peut rien faire, tu dois attendre encore un peu, voir si ta famille trouvera une solution pour toi et pour nous tous… Je suis vraiment désolé ». Il me sourit tristement et partit discuter avec les autres scientifiques. 

Je devais trouver une solution. J’avais besoin de paix et l’allée des photoncioles était mon seul refuge. Je marchais lentement, à pas lourds vers la forêt. Je pouvais déjà les entendre, elles tournaient lentement en essayant de me montrer quelque chose. Après quelques instants, les photoncioles commencèrent à tourner de manière chaotique autour de moi. Je ne compris pas leur agitation, mais progressivement, je commençai à remarquer ce qu’elles faisaient. Leurs mouvements, apparemment désordonnés, créaient devant moi des constellations, des galaxies, des multivers. Puis je compris : elles essayaient de me faire comprendre que la solution était juste devant moi. Le pentagramme qu’elles formaient devant nous lors de chacune de nos rencontres précédentes était en fait un portail. J’essayai de rassembler mes pensées et de ne pas trop me réjouir. La probabilité de revoir ma famille était assez faible car je ne pouvais pas déterminer exactement la destination du voyage à travers ce portail. Les photoncioles suivaient chacun de mes mouvements à travers la forêt. Je rapprochai ma main du bord du pentagramme et je sentis chaque molécule de mon corps être absorbée par ce portail. J’avais peur de ce que j’allais pouvoir découvrir de l’autre côté. Je n’étais pas équipée de la combinaison. Malgré ce fait, une fois dans le Grand Vide, je sentis que j’étais « vêtue » d’une énergie qui me protégeait. A ce moment, j’aperçus les photoncioles, elles étaient avec moi et cela me calma. Je voyageais à travers un trou noir. Je ne savais pas si je bougeais, si j’étais poussée ou si je flottais. Nous existions simplement dans un espace. Soudain, je sentis une vibration dans mon « bouclier énergétique » et je me réveillai dans une forêt presque identique à celle qui était près de notre colonie. Cependant, contrairement à notre forêt, l’air était pur. Je marchais à travers les arbres dans l’espoir de découvrir une forme de vie similaire à la mienne. C’était étrange, il n’y avait personne autour de moi mais je pouvais tout de même sentir la présence de quelque chose ou de quelqu’un. Je marchais déboussolée, espérant un miracle. Et le miracle se produisit ! A l’orée de la forêt, je vis deux silhouettes familières. Je me réjouis, j’avais enfin retrouvé ma famille ! J’étais tellement contente mais ma joie disparaissait avec chaque pas qui me rapprochait d’elle… ou plutôt de la moitié de ma famille. Mes parents me prirent dans leurs bras et commencèrent à pleurer. Après une multitude de questions et de câlins, je posai enfin la question qui allait me blesser le plus… « Où est Elio ? » demandai-je d’une voix cassée. A ce moment, mes parents me regardèrent avec beaucoup de tristesse et ma mère me répondit  « Tu étais très malade, à cause des radiations. On ne savait pas combien de temps tu allais encore vivre sur une planète tellement irradiée. Depuis que ta maladie s’est aggravée, tu as été protégée par ton frère, ou plutôt par l’hologramme de ton frère créé par les photoncioles » Après ces mots, je ne pus écouter le reste, j’étais complètement choquée et dévastée. La seule chose qui me passait par la tête à cet instant était le fait que mon frère n’avait jamais existé et qu’il était juste une bizarrerie technologique créée par une civilisation supérieure à celle des humains. Elio n’avait jamais existé, c’étaient juste des photoncioles…

Douze ans plus tard…

« Kaïa, Kaïa… ce soir leur lumière est plus intense que d’habitude ! Regarde-les ! » Au-dessus de nous flottaient dans un nuage doré une multitude de lucioles. Mon frère Elio les regardait émerveillé. Aujourd’hui était une journée spéciale pour notre colonie. Il y a douze ans, l’humanité avait eu une nouvelle chance, dans un nouvel univers, sur une planète accueillante, habitée par de merveilleuses créatures… les lucioles. Mon frère Elio se rapprocha de moi et dit « Kaïa , je vais te confier un secret. Chaque nuit, je fais le même rêve. Nous sommes dans une forêt comme celle-ci, mais beaucoup plus colorée et nous sommes entourés d’énormes lucioles qui nous protègent. C’est bizarre, n’est-pas ? » Je le regardai émue et je dis « Elio, cela pourrait sembler étrange mais parfois les rêves cachent des vérités. Je pense qu’il est temps de te raconter une histoire vraie.  Il était une fois une planète dévastée par les radiations… »

Maria Cringasu, 4C


Prix « Ecrivain confirmé »

Double conscience

Ne lui faites jamais confiance. Ce qu’il dit est peut-être vrai, mais n’y prêtez pas trop attention. Vous verrez que plus le temps avance, plus vous vous fierez à lui. Mais résistez. Vous réaliserez sûrement qu’il vous manipule, comme tous ses semblables. 

Il avançait le long de l’allée, se fondant dans l’obscurité, errant à la recherche de quelque chose. Quelque chose dont on lui avait souvent parlé. Quelque chose dont il ne se rappelait plus. Mais quelque chose d’une importance capitale. Un groupe de jeunes gens, coiffés de crêtes violettes et portant des vestes en cuir rendues presque invisibles par la nuit, s’avancèrent dans sa direction. Dès qu’il les vit, il s’abrita derrière une benne à ordures et cessa de respirer. Il se savait difficilement repérable, il avait de nombreuses années d’expérience derrière lui, mais pourtant ces jeunes étaient dotés de capacités supérieures, et ils n’étaient pas là par hasard. Il les craignait et ils le cherchaient. Les jeunes s’arrêtèrent et s’immobilisèrent pendant quelques minutes. L’odeur de l’homme était cachée par celle des ordures. Ils repartirent, sceptiques. L’homme attendit plus d’une heure avant de se relever, lentement et se remit à marcher, à une allure plus rapide. Il marcha pendant plusieurs heures, toujours dans la direction du nord, sans s’arrêter. Une voix lui disait de continuer et il l’écoutait. Il dépassa la banlieue lointaine de Ro-Man, capitale de R8H4, planète à l’écart des autres et qui regorgeait de voyous. Après des heures de marche, il arriva, après avoir évité tout contact avec un Autre, devant un immense pont. Il s’arrêta pour le contempler, le souffle haletant. Le pont était gigantesque, dressé au-dessus du vide, aveuglant. Il sourit.

Laissez-moi vous expliquer où nous en sommes dans l’Histoire. En 2043, une guerre éclata entre les Etats-Unis et la Chine, les deux plus grandes puissances mondiales. Une guerre nucléaire. La Terre, déjà mal en point, ne résista pas longtemps à cet intense conflit. Une période noire qui dura près de quinze ans, et pendant laquelle un nombre incalculable de lieux furent détruits. Au bout de ces quinze longues années, un traité de paix fut signé entre les deux puissances, mais le mal avait déjà été fait. Les scientifiques de tous les pays se réunirent et pendant dix ans ils cherchèrent une solution pour sauver la Terre. En 2078, la seule solution fut d’abandonner notre planète et de déménager. Après des années de recherche, le groupe scientifique international (GSI) réussit l’exploit d’entourer les planètes de bulles d’oxygène géantes, permettant ainsi la survie des futurs colons humains. Ils firent d’abord quelques tests sur la Terre, et comme cela fonctionnait, ils étendirent cette nouvelle technologie à toutes les planètes du système Solaire. Afin de faciliter les déplacements des humains, des gigantesques ponts furent installés de part et d’autre de ces planètes afin de les relier entre elles, comme des autoroutes dans l’espace. Les bombes nucléaires, dont la simple allusion était maintenant interdite, furent ensevelies quelque part sur Terre afin que personne ne puisse jamais plus les utiliser. La Terre, malade, quant à elle, fut abandonnée. Nous sommes maintenant deux décennies après ces événements. 

Devant le pont R8H4-P1, se trouvaient quatre gardes armés, dont le visage était protégé par une visière effrayante, comportant d’après les rumeurs un étrange liquide bleu qui paralysait l’ennemi instantanément (mais les personnes qui avaient goûté à ce liquide n’étaient plus là pour en parler). Si leur intelligence était très réduite, leur force était, elle, beaucoup plus importante que la moyenne et suffisait à inciter tout intrus à rebrousser chemin. En effet, les gardes ne laissaient passer personne. La planète de l’autre côté de ce pont était encore, pour la quasi-totalité des habitants de la galaxie, mystérieuse et inquiétante, mais dotée d’un pouvoir d’attraction certain. De nombreuses légendes s’étaient bâties autour d’elle. Il se faisait tard mais l’homme ne se décourageait jamais. Il remarqua que, plus loin, un autre individu, très maigre, rôdait vers les poubelles. Il s’avança discrètement vers cet énergumène afin d’observer plus précisément ses actes. A la vue du bazooka, il comprit que cette étrange personne était un bandit et il redoubla de prudence. Le bandit sortit deux sacs noirs (pas en plastique, celui-ci ayant été interdit depuis longtemps), en mit un sur sa tête et fourra le deuxième dans sa poche. Il chargea son arme, fit quelques pas, puis se retourna soudainement et braqua son bazooka sur lui, caché derrière une Volture. Il avait été repéré. Le bandit avança jusqu’à lui et le regarda attentivement. 

Il lui dit « Tu en es un ? ». L’homme, dominant sa peur, répondit que non. Après un long silence, le bandit reprit : « Toi aussi, tu veux aller là-bas ? » L’homme hocha lentement la tête en ajoutant « Et personne ne me fera changer d’avis ». Le bandit sourit bizarrement, lança son arme à l’homme, et se dirigea vers une boutique proche. Il y entra et hurla : « LES MAINS EN L’AIR, JE VEUX UNE VOLTURE, MAINTENANT ! » Les gardes, alertés par ce braquage, accoururent, et arrêtèrent le bandit. Hélas, le malheureux allait être déporté sur Pluton, qui abritait une prison, froide et terrible, où les prisonniers ne vivaient que très peu de temps, dévorés par leurs camarades de cellule affamés. Mais bien que je le plaigne sincèrement, il venait de lui offrir une chance unique.

Puisque le pont avait été abandonné par les gardes, il s’en approcha. Plus que quelques centimètres. Il braqua le bazooka sur l’alarme, puis sur le tableau de sécurité protégeant l’entrée du pont. Deux coups de feu, et la porte coulissante du pont s’ouvrit. Plus loin, les gardes crurent que des complices du bandit avaient tiré et les os de ce dernier furent broyés plus vite que prévu, et sur R8H4 plutôt que sur Pluton. Les gardes commençaient à revenir dans la direction du pont alors que l’homme commençait sa traversée. Un vertige le prit, puisqu’il était dans l’espace, retenu par un pont en verre, et il se mit à courir. De plus en plus vite. Il sentait son cœur battre de plus en plus fort. Pourtant, plus il se rapprochait de la fin du pont et donc de la planète, plus sa confiance diminuait. Il était troublé. Il arriva finalement au bout du pont, et il fut surpris de voir qu’aucune porte ne barrait l’accès à cette planète dont la légende disait pourtant qu’elle était extrêmement protégée. Il mit prudemment un pied hors du pont. Puis deux. Il était arrivé à destination. Il se sentait chez lui.

Après qu’on eut trouvé le moyen d’installer des bulles permettant aux habitants de survivre sur les planètes à coloniser, le déménagement fut entrepris par les Terriens. Pourtant, les scientifiques du GSI prévoyaient autre chose. Car selon eux, la dévastation de la planète bleue avait un coupable : l’être humain. En effet, si la Terre était sinistrée, c’était de la faute des humains et de tout ce qu’ils auraient dû faire et ne pas faire. Rien ne promettait que l’homme se s’améliorerait, au contraire. Le GSI entreprit donc, avec les financements des deux puissances mondiales à l’origine du chaos (les Etats-Unis et la Chine), de créer le Groupe d’Aide Robotique (GAR). L’idée était que ces robots prennent une place importante dans les nouveaux mondes, et aident les humains. Mais l’un des scientifiques, le Professeur Delloé, voulut opter pour une décision plus radicale. Selon lui, il fallait détruire définitivement la race humaine et émanciper les robots, auxquels il avait consacré toute sa vie, de leur forme d’esclavagisme. Un soir, alors que tous les membres du GSI étaient rentrés chez eux et prévoyaient de dévoiler les GAR au monde entier, le professeur introduisit un programme nommé « L’Ordre des Robots » dans l’Ordinateur Central. Ce programme prévoyait que, quatre mois après le début du processus de colonisation, cet « Ordre des Robots » traquerait et tuerait sans relâche tous les êtres humains. Et en effet, quatre mois plus tard, les humains furent décimés et la poignée de rescapés dut se cacher pour survivre. La légende raconte pourtant qu’une partie restée humaine de Delloé aurait caché un autre programme informatique, celui-ci permettant la destruction de cet Ordre des Robots. 

Il aurait également laissé un autre programme informatique, dans la salle de l’Ordinateur Central, qui déclencherait la diffusion d’un gaz neurotoxique pouvant tuer en quelques instants les derniers hommes de la Galaxie. Jusque-là, la partie humaine de la conscience de Delloé avait toujours refusé de l’activer.

Désormais sur Terre, l’homme, animé par cette folle envie de vengeance qui s’était transmise pendant plus de vingt ans à partir du noyau des humains rescapés, avança encore de quelques pas. Après quelques minutes dans le noir complet, il arriva dans une vaste pièce, d’un blanc aveuglant. Il avança encore un peu. Une porte, ouverte. Il vit alors ce que la génération d’humains clandestins et de robots dominateurs avaient cru n’être qu’une légende : deux ordinateurs. Sous le premier, dont la touche « espace » était dorée, s’inscrivait : « Robot, voici ton salut ». Il tourna la tête. Un autre ordinateur trônait. La touche « entrée » était également dorée. Mais il y était inscrit : « Humain, voici ton salut ». Un bruit sourd retentit. La porte venait de se refermer. Pas la porte de la salle. La porte de son esprit. Il ne pouvait pas effectuer ce choix-là. Delloé était prisonnier de lui-même. 

« Les humains se sont enfuis. Ils ne sont animés que par une seule chose désormais : le désir de vengeance. Ils se sont acharnés à détruire la Terre pendant des milliers d’années. Leur châtiment est de cesser d’exister. »

« Les robots ne valent pas mieux que les humains. A peine ont-ils débarqué qu’ils prennent déjà le monde de force. Ils sont contre-nature. Au fond, ils sont pareils que nous. Ils promettent de sauver le monde mais commencent déjà à le détruire. Leur châtiment est de cesser d’exister »

La main droite de Delloé, robotique, avança et appuya sur la touche « entrée »

La main gauche de Delloé, humaine, avança et appuya sur la touche « entrée »

Tout explosa.

*

Nul ne retrouva le corps du Professeur Delloé, dont les deux consciences s’étaient menées une lutte sans merci ayant entraîné la fin de tout.

Louis Geffroy, 3A


Prix « Espoir 2021 »

Deus

18 Juin 2880.

Rapport du général terrien Colo1Y12  

« À l’heure exacte du soleil rouge. Nous avons reçu des signaux venant de la planète Echoes du système d’Atrolion dans la galaxie d’Aurora. Ceci nous a beaucoup inquiété car nous avons reçu un signal en onde DBS37. Nous, humains, n’avons jamais réussi à envoyer ces ondes, nous pouvons les capter mais les envoyer est encore impossible. Est-ce que cela prouve qu’une autre forme de vie existe bien ? Pour revenir à la planète d’où le signal provient : nous l’avons déjà bien observée et nous pensons possible de vivre dessus. Depuis la 2ème guerre interplanétaire, nous avons vraiment besoin de trouver une nouvelle maison. Les Martiens et Jupitériens nous aident mais, par contre, nous sommes toujours en froid avec les Vénusiens. C’est fou de se dire qu’à une époque nous vivions tous sur la même planète et que maintenant les descendants d’anciens terriens ont explosé la Terre. 10 milliards de terriens morts en 20 ans. Il n’y a pas de mot pour décrire une catastrophe comme celle-ci. Moi et les 3 milliards de terriens restants, nous voulons juste trouver une maison. Nous sommes actuellement sur un vaisseau, il s’appelle The Last. Ce n’est pas un mauvais vaisseau, loin de là, c’est le 3ème meilleur vaisseau de la galaxie. Mais nous voulons une planète. Un endroit chaleureux où nous pourrons vivre sans avoir à nous déplacer tous les ans à cause des radiations du soleil. Cela nous prendra des années mais nous devons essayer. Et ces ondes sont peut-être la réponse à nos questions, ces ondes sont peut-être une invitation à une nouvelle manière de vivre. »

L’onde captée était une photo

Qu’est-ce que cette photo pourrait bien signifier, personne ne le sait. Mais une équipe sera envoyée sur Echoes. Le problème reste de savoir quelle technologie sera utilisée pour les envoyer sur cette planète ? 

Pendant des années, tous les peuples se sont penchés sur cette question. Et la seule technologie capable de faire voyager des humains à une vitesse suffisamment élevée pour qu’ils puissent arriver sur Echoes en moins de 30 ans est un vaisseau utilisant la Métrique d’Alcubierre. Le fonctionnement est assez compliqué : en créant des vagues dans l’espaces temps, le vaisseau pourra voyager en suivant cette vague qui lui donnera une énergie cosécante. Avec cette technologie, nous devrions avoir la vitesse nécessaire.  

Le 30 novembre 2901, un prototype de fusée commence à faire ses preuves. Un générateur de masses négatives a été incorporé dans ce prototype. Cela a été la première fois que des terriens et des Vénusiens ont travaillé ensemble depuis plus de deux siècles. Cette période est probablement la période avec le plus de fraternité entre les peuples. Tous travaillent sur un seul et même projet : le projet Deus

Enfin, la première fusée Prophanios est prête à être lancée. Ce sera comme un crash test. Malheureusement, les humains ne pourront pas bien contacter Prophanios en raison de la vitesse. Il y aura juste un capteur qui indiquera si la fusée marche toujours. Ce capteur fonctionne avec un système de calcul de gravité très avancé. Des chercheurs ont trouvé une approximation de l’attraction gravitationnelle que la fusée recevra pendant son voyage.  Si l’attraction reste autour du nombre trouvé, le capteur enverra un signal positif au système solaire. Mais si l’attraction change, il enverra un signal négatif. C’est assez ancien comme système mais c’est, à ce jour, le seul moyen pour que les humains sachent si le vaisseau tient et supporte la Métrique d’Alcubierre. 

Il y a eu 5 différents lancements en 6 ans pour enfin avoir un modèle de vaisseau prêt. Le projet Deus était presque prêt, il ne manquait plus qu’un équipage. Il fallait 5 personnes : un pilote, un spécialiste de la cryogénisation, un cuisinier spatial professionnel, un professionnel de la stérilisation d’objet, et un journaliste spatial professionnel. Ils disposeraient tous d’un journal où ils écriraient l’épopée de leur voyage. 


Journal de Gerald Alulah2 journaliste qui été à bord du Deus, destination Echoes :

Entre 1000 journalistes, j’ai été sélectionné. Ils m’ont dit que c’était car j’étais jeune, que je toucherais plus d’audience à notre retour et que j’avais peu de famille encore vivante. Honnêtement, j’étais à deux doigts de refuser, pourquoi je passerais devant quelqu’un de plus compétent juste car j’ai peu de membres de ma famille encore en vie ? Mais je suis très fier de faire partie de l’équipage. Ils m’ont aussi dit que je n’aurais pas trop à me soucier de l’entraînement. J’ai déjà fait 75 % des tests et de l’entraînement requis pour aller dans cette mission. J’aurais encore 2 semaines pour me préparer à la Métrique d’Alcubierre. 

Ouf ! je ne m’attendais pas à ce que ça soit si intense. Pour l’entraînement, on nous a endormi pendant qu’une simulation de la vitesse que nous allions subir divisée par 130 était exercée sur nous. Comme nous dormons, nous ne sentons rien, mais, il y a un certain temps entre le démarrage du vaisseau et le moment de sommeil total. La force que nous recevons est gigantesque. Je n’ai jamais rien vécu d’aussi intense. Nous avons dû changer notre cuisinier car l’ancien n’a pas tenu. Et le nouveau cuisinier est Corn, mon ami d’enfance. 

6 mars 2910

Cela fait 1 semaine qu’on s’entraîne et apparemment, nous allons décoller demain. De nouveaux conflits arrivent entre la Terre et Vénus pour savoir à qui Echoes appartiendra. Nous devons alors décoller maintenant pour que cela ne retarde pas notre voyage. En étant terriens, moi et Corn, j’espère qu’il n’y aura pas trop de disputes avec Polyu Yue, le décontamineur. Honnêtement, tout ça m’exaspère un peu.

5 mars 2910 

Le vaisseau est prêt, je dois vous avouer que le stress monte. Le vaisseau est grand mais je pense que le « moteur » constitue les trois tiers du vaisseau. Honnêtement, il fait un peu ancien, The Last fait beaucoup plus propre et professionnel mais bon, je fais confiance aux ingénieurs qui l’ont conçu. Ils m’ont laissé prendre une sauvegarde cérébrale : 

20 mars 2910 

Je me suis bien entendu avec l’équipage. Pour qu’on ait beaucoup de choses à se raconter, nous n’avons pas parlé avant le décollage. En parlant du décollage, comme vous le savez, nous avons été endormis pendant la plupart du décollage grâce à Colite5 Opi7, mais le début était vraiment intense. Grâce à l’entraînement, ce n’était pas cauchemardesque mais j’ai cru que mon squelette allait juste sortir de mon corps. Et maintenant, je suis toujours un peu étourdi. Je me suis réveillé il y a peine 7y soleil jaune. Maintenant, nous allons rester une semaine temps terrien en apesanteur pour nous habituer et ensuite, c’est parti pour la grosse cryogénisation. 

12 mars 2910

C’est bon, c’est l’heure, Colite5 Opi7 m’a injecté le sérum de conservation. Bientôt, nous serons tous cryogénisés. Je dois aussi préciser que nous mangeons super bien, Corn est juste un chef. Je n’avais probablement pas aussi bien mangé depuis que la Terre a explosé. Bon, c’est le moment, je dois y aller. 

11 avril 2910

8 septembre 2911

24 septembre 2920

4 juin 2930

20 ans, nous avons dormi 20 ans. J’ai parlé à Colite5 et elle m’a dit qu’elle a dû se réveiller plusieurs fois avec Gorg, notre pilote. Même si le vaisseau est très développé, il chavire énormément. Gorg a vraiment fait un travail de génie. Elle aurait apparemment dû faire un reboot du lancers 5B et recalculer tout ce qu’il devait faire. Nous sommes tous très contents de l’avoir avec nous. Corn est en train de nous préparer à manger. Même si ça fait 20 ans, j’ai l’impression que rien n’a changé, c’est comme après avoir fait une grosse sieste. Le sérum a bien fait effet, je n’ai perdu que 10 kilos. Après avoir mangé, nous allons tous nous faire décontaminer par Polyu. C’est un procédé assez compliqué mais Polyu a l’air d’avoir les choses en main mais je me méfie quand même. 

5 juin 2930

Enfin, nous sommes arrivés sur Echoes, mon calendrier cérébral doit être hors service car on m’indique qu’on est le 30 mai 2880 pourtant mon calendrier papier indique la même date que le journal. La première chose que nous avons vue depuis les hublots du vaisseau était la grande étendue verte qu’il y avait sur Echoes. Quand nous avons mis les pieds sur cette planète, c’était comme une gigantesque forêt. Des lianes de plus de 200o (ou 250 anciens mètres) tombées des arbres de plus de 800o (1000 anciens mètres) honnêtement c’était juste inimaginable. Nous avons énormément marché, nous sommes passés devant des oasis avec de l’eau potable, des zones remplies de fruits géants. J’ai juste tellement hâte que nous déménagions ici mais j’ai peur que cette planète soit source de débat. Nous avons trouvé une petite et vieille cabane, comme si des gens y avaient habité il y a des décennies mais qu’ils étaient partis. Ce qui est très bizarre. Il n’y avait pas grand-chose dedans à part une énorme antenne à l’extérieur. L’intérieur, lui, ressemble plus à une station spatiale, des chambres individuelles, une cuisine, un salon et plein d’autres choses. Il y avait aussi de grosses rayures sur les murs, cela a peut-être un lien avec la disparition des habitants. Je pense qu’on va poser notre tente juste à côté car on pourra toujours l’utiliser dans le futur. En connectant l’antenne à notre vaisseau, nous avons pu l’examiner. Ce qu’il y avait d’encore plus étrange c’est que le nom était : l’épée de Deus écrit en Vénusiens du nord. Est-ce que cela veut dire que quelqu’un de la mission Deus était déjà venu ?

17 juin 2930

Aujourd’hui nous allons commencer les expériences. Notre base est enfin prête. Nous devons voir si nous pouvons vraiment vivre sur cette planète. Aujourd’hui, c’est le test de la nourriture, demain test de l’air ambiant et la semaine prochaine, test des vents radioactifs de Pol, l’Etoile du système d’Echoes.  Honnêtement, je me sens bien. Ah, j’ai presque oublié, L’antenne ! Gorg a réussi à la faire marcher. Nous pouvons envoyer des photos à The Last mais c’est de très mauvaise qualité. Je vais essayer d’envoyer une photo des plantes qu’on a étudiées. C’est marrant de prendre des photos, même si c’est une technologie très ancienne, je trouve que cela permet d’exprimer un style artistique. Ce qui donne :

C’est bizarre, les couleurs sont très différentes de ce que nous voyons dans la vraie vie. Mais bon, c’est envoyé à The Last

Pour l’instant, on dirait un conte de fée mais il faudra faire attention. Corn a entendu des sifflements humanoïdes hier soir. Ce soir nous mettons en place des caméras de sécurité.

Sacha Suadiyeli, 3D

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