Série « Rencontre métier » : personnel de direction

Loti News vous propose une nouvelle rubrique afin de commencer dès le collège à vous aider à vous orienter : “Rencontre métier ! Régulièrement, nous vous proposerons ainsi de découvrir des métiers variés au travers d’interviews afin de vous donner des idées et vous permettre d’avancer dans votre Parcours avenir.


Nous entamons nos découvertes avec le métier de personnel de direction, et plus particulièrement de proviseur adjoint… 

Ne vous est t-il jamais venu à l’esprit de vous demander quel est le rôle du proviseur adjoint au sein de notre établissement scolaire ? En tout cas, grâce à l’interview de M. Landolfi, vous découvrirez cette profession et peut-être que vous voudrez l’exercer plus tard ! 

Doga : Alors tout d’abord, pouvez-vous nous indiquer quel est votre rôle en tant que proviseur adjoint ?
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : Un proviseur adjoint est un personnel de direction qui exerce en lycée, général, polyvalent ou professionnel, les missions de personnel d’encadrement d’une unité pédagogique et d’éducation. Le proviseur adjoint est le chef d’établissement adjoint chargé d’épauler et de travailler auprès du chef d’établissement, en lycée le proviseur. Le proviseur adjoint remplit des missions précises qui lui sont confiées par le chef d’établissement et sa hiérarchie. Le proviseur adjoint est le personnel qui va organiser une partie de la vie de l’établissement, à commencer par les emplois du temps, par le suivi des examens, par l’encadrement des équipes pédagogiques, et également l’accompagnement éducatif de tous les élèves. Le proviseur adjoint gère le quotidien, il dirige un service de scolarité. Il s’occupe des inscriptions pour les examens, du suivi et de la préparation des examens en lien avec les services des examens d’une académie.  Il doit s’occuper de l’orientation des élèves, de l’animation pédagogique au service de la réussite des élèves. Donc, il travaille en fait sur ce qu’on appelle l’opérationnalité des établissements scolaires, le quotidien et éventuellement aussi le N+1, c’est-à-dire projeter les élèves et l’établissement dans l’année qui va arriver. En tant que personnel de direction, le proviseur adjoint assure également des missions d’encadrement et de contrôle des personnels d’éducation et d’enseignement qui sont sous ses ordres. Le proviseur adjoint, en tant que cadre du système éducatif s’inscrit dans une chaîne hiérarchique. Il doit faire appliquer les textes qui régissent le fonctionnement du système éducatif qui concernent les programmes et leur application, la mise en œuvre de politiques éducatives et pédagogiques dans l’établissement. Le proviseur adjoint est sur le terrain, au quotidien, dans l’établissement, auprès de ses équipes enseignantes et d’éducation.

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Doga : Cela doit être compliqué de gérer les emplois du temps !
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : Oui, c’est très compliqué. Et effectivement, ça détermine une grande partie de l’année pour les élèves, pour les enseignants et tout le monde dans l’établissement, et aussi pour les parents. C’est un poste et un rôle qui est souvent un petit peu chargé, surtout au lycée. Il y a beaucoup, beaucoup de choses qui arrivent tous les jours en fait, toutes les semaines, tous les mois, avec un rythme souvent haché et fractionné, qui est aussi celui de la gestion du quotidien et des incidents qui arrivent, par exemple s’il y a un problème dans une classe. Évidemment, la vie scolaire [le BVS] avec les professeurs sont en première ligne. Mais le proviseur adjoint est forcément là aussi s’il y a une régulation à faire. L’adjoint du chef d’établissement, en fait, va s’occuper de tout ce qui est l’établissement à l’intérieur des murs. Après, un proviseur adjoint ou un chef d’établissement va conduire des projets -on dit piloter- ce qui veut dire gérer, commander, impulser ou encore être à l’initiative de projets pour l’établissement, pour les élèves, avec les équipes pédagogiques et éducatives. Et ça, effectivement, ça permet aussi au proviseur adjoint de sortir de l’établissement et d’aller au-delà de l’établissement, c’est-à-dire de ne pas rester uniquement dans l’établissement et d’aller sur ce qu’on appelle le territoire. Le territoire, ça peut être la ville quand on est en France, un département, une académie, une zone à l’étranger, dans l’AEFE. C’est stimulant.

Doga : Quels sont les avantages d’être un proviseur adjoint ?
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : les avantages sont de pouvoir travailler avec son imagination et son expertise pédagogique dans la projection d’un établissement scolaire au quotidien et dans une perspective de plusieurs années, d’apporter son expérience professionnelle au service d’une communauté éducative, de travailler avec tous les personnels d’un établissement scolaire, c’est-à-dire les professeurs, dont les professeurs documentalistes,  la vie scolaire [le BVS], le conseiller d’orientation, le pôle médico-social, les personnels du service d’intendance et de gestion, les personnels de service. Notamment, être en lien avec les familles, d’être chaque jour présent pour les élèves également.  Donc en fait, de travailler avec ce qu’on appelle la communauté éducative. Il y a de nombreux avantages à être personnel de direction, le premier, c’est celui de pouvoir exercer ce type de poste avec sa personnalité. Pour moi, c’est une vraie liberté. Il existe de nombreuses missions possibles.

Lina : Et quels sont les inconvénients ?
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : Plutôt les difficultés. Il y en a beaucoup. La première, c’est d’avoir beaucoup de tâches à faire dans un temps très court, de gérer par exemple le courrier chaque jour. Et, que ce soit pour le chef d’établissement ou pour le chef d’établissement adjoint, il arrive en moyenne de 50 à 60 courriels chaque jour. Et sur les 50 ou 60, parfois plus, il y en a peut-être sept, huit qui sont essentiels, sur lesquels il faut être très attentif. Ce sont souvent des circulaires d’organisation ou des demandes qui nécessitent que l’on mette en place une organisation derrière. On est obligé, tous les jours, d’être très attentif à ce qui nous arrive. Il y a aussi des choses plus spécifiques qui occupent beaucoup. Actuellement, c’est la gestion de tous les examens. Le DNB [Diplôme national du Brevet], et puis il y a aussi tous les examens du Baccalauréat qui concernent vos camarades des classes de première et de terminale. Et quand on est chef d’établissement adjoint, on organise tous les examens. Et là aussi, le rythme est encore plus rapide que pour l’enseignement. Donc les inconvénients, c’est plutôt ces difficultés qui peuvent entraîner des frustrations et qui nécessitent qu’on s’adapte tout le temps, dans un temps toujours très court. Il faut souvent faire plusieurs tâches à la fois et faire sa to do list quotidienne !

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Lina : Quelles sont vos horaires de travail ?
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : je n’ai pas d’horaires en fait tandis que l’enseignant a des horaires. Moi, je sais que je commence le matin à 8h, mais le soir, je vais travailler jusqu’à 18h, 19h et même à 20h. Hier soir, c’était 21h. Et quand je n’ai pas fini le travail de la semaine, le travail qui est à faire, il faut que je revienne dessus le week-end. Mais, si vous voulez, je suis aussi responsable et autonome dans le travail que je fais. Je suis aussi autonome et responsable du travail que je ne fais pas. Je peux me donner du travail en plus. 

Doga : Quelles sont les études à entreprendre pour devenir proviseur adjoint ?
Le proviseur adjoint, M. Landolfi : Pour devenir proviseur adjoint ou chef d’établissement, on passe le même concours à l’origine, un concours qui est commun. On devient d’abord un chef d’établissement adjoint (proviseur adjoint, principal adjoint en collège). Et ensuite, au bout de quelques années, on devient chef d’établissement. Les études pour accéder à ce concours sont très diverses. Ça peut être un Bac+5 [années après le Bac) C’est-à-dire qu’il faut, pour pouvoir passer les concours de chef d’établissement, avoir exercé pendant un temps dans l’Éducation nationale. Moi, j’ai été professeur d’histoire-géographie pendant 22 ans, et puis j’ai passé le concours de personnel de direction pour devenir chef d’établissement.
Quand on passe le concours de chef d’établissement, on ne va plus avoir d’horaires. Il y a parfois des mécontentements, on ne réussit pas toujours ce que l’on veut faire. Il y a toute la responsabilité. Lorsqu’il y a un problème, des difficultés, c’est le chef d’établissement qui est interrogé. Et le chef d’établissement est responsable de la sécurité des biens et des personnes. La responsabilité est importante. C’est ce qu’on appelle des postes d’encadrement. On a des contraintes, des obligations. C’est-à-dire qu’on a au-dessus de nous des hommes et des femmes qui ont des postes de plus grandes responsabilités encore et qui nous encadrent également. Moi je suis fonctionnaire de l’État. Je suis en délégation ici, j’ai été missionné sur cet établissement. Donc, en tant que personnel de direction, on a des responsabilités. On doit répondre à notre hiérarchie, et exercer notre mission avec engagement et loyauté. On doit être positif et accepter de nombreuses contraintes au quotidien afin que notre rôle dans la mise en œuvre des politiques éducatives soit efficace.

Article de Lina Guinard Ebeid et Doga Baklacioglu, 3A

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