Les 6e sont des enchanteurs… (3)

Contes, récits d’aventures, textes argumentatifs… Attention, les 6e sont des enchanteurs qui maîtrisent la langue à merveille. Installez-vous confortablement et laissez la magie opérer !

M. Delemen


La bêtise d’un roi malhonnête

Il était une fois, il y a bien longtemps, un royaume : le Charabia.
Ce royaume était dirigé par un roi, le roi Frank. Il se trouvait très beau, très puissant et très intelligent. Il adorait la petite moustache qui se baladait sous son nez qu’il brossait 30 fois par jour. Ce roi disait, pour se faire remarquer, qu’il avait combattu des créatures magiques et fantastiques, vaincu des monstres horribles. Il racontait ses aventures comme au théâtre.

– Et après… Vous notez bien, majordome ?
– Oui sire, vous pouvez continuer.
– Breuhum. Donc je disais : et après… Le dragon s’abattit sur moi et je n’eus même pas peur, dit Frank en se disant que si c’était vrai, ce serait complètement le contraire : il se serait enfui en courant. Je lui abattis, d’un coup, ma massue sur la tête et il tomba raide mort, même si en vrai un coup de massue venant de lui ne peut abattre quelque chose de plus gros qu’une mouche.
– Vous avez une massue, sire ? Je croyais que vous collectionnez plutôt les épées…
– Heu… Je ne me souviens plus trop, c’était peut-être une épée. 
– Je ne comprends pas, majesté : vous veniez de dire que cela s’était passé il y a seulement trois jours, pendant la nuit. Vous devriez vous en souvenir !
– Heu… 


– Pfffiou !! 
– Pas facile, hein ?
– Ça, tu peux le dire ! En tout cas, ce n’est pas un travail pour moi, ça…
– Je suis désolé, mais t’est obligée de l’faire ! 
Ludivine, aux cheveux d’un blond éclatant et aux yeux brillants comme une émeraude, travaillait dur, sous le soleil tapant. Elle récoltait du blé avec son frère, Antoine, pour le roi Frank, mais en conservait aussi une petite partie pour sa famille. Ludivine n’était pas une de ces personnes qui faisaient tout sans rien dire, mais quelqu’un qui n’était pas toujours d’accord avec le roi. Ce roi-là, en particulier, elle ne l’aimait pas beaucoup, car elle le trouvait un peu stupide. Il avait tout ce qu’il veut, sans se douter que tout ce qu’il avait était le fruit du travail de paysans qui travaillaient dur juste pour lui. Elle en avait marre. Sa mère avait beau lui dire qu’elle ne pouvait rien faire, elle ne la croyait pas.

Ludivine se leva, s’habilla en vitesse puis sortit de la maison sur la pointe des pieds. Elle fut dehors en quelques secondes, puis rejoignit le palais du roi Frank. Pour entrer dans le palais, elle se fit passer pour un garde, et, comme il faisait noir, les autres gardes ne la virent pas : 
– Psst ! Les copains ! La cuisinière de la ville a préparé des super gâteaux pour tous les gardes de la ville pour les récompenser de leur très bonne surveillance ! Moi j’en ai déjà pris, je pourrai vous remplacer. 
– Ouah ! Merci, nous allons y aller tout de suite ! 

Ludivine était tranquille : la pâtisserie de la ville était à 6 km de là. Elle entra dans le château et savait qu’il n’y avait pas d’autres gardes la nuit. Elle avança dedans aussi silencieuse qu’un chat. Puis, elle arriva devant une porte magnifique, ce qu’elle pensait être la chambre du roi, car on entendait celui-ci ronfler si fort que Ludivine pensa qu’on pouvait l’entendre à l’autre bout de la ville ! Elle regarda par la serrure et vit le roi dans son lit les pieds en l’air. Il était absolument ridicule. 
– Sire ?
Le majordome !!! Il était là, tout près de Ludivine… Heureusement, il faisait noir dans le couloir : il ne pouvait pas la voir.
– Euh… oui ? Mais qu’est ce que vous faites hors de votre lit ? Partez tout de suite, je ne veux pas être dérangé ! dit Ludivine en imitant la voix du roi bien fort pour couvrir les superbes ronflements de Frank.
– … Bien, Majesté, répondit le majordome en partant avec son bonnet de nuit ridicule pendouillant sur la tête. 
Ludivine décida alors d’aller dans les immenses cuisines du roi pour y voler toute la nourriture, puis sortit du château par une porte spéciale pour les serviteurs en emportant la nourriture. 


– Wow ! Mais comment toute cette magnifique nourriture est-elle arrivée là ?
Ludivine pouffa. Cette nuit, après avoir volé toute la nourriture, elle avait remis une petite part de son butin à chaque habitant de la ville. Tous avaient donc une surprise ! Et en échange, elle avait déposé toute la nourriture de sa cuisine, c’est-à dire très peu de patates pas bonnes, des petites pommes, des navets et du chou en majorité, dans les cuisines du roi. Elle était très fière d’elle ! 
– C’est peut-être le roi qui nous a donné un cadeau ! Je cours de ce pas au château pour le remercier, vous voulez bien, mère ? répondit Ludivine à sa maman.


Vittorio Accornero- Contes des Fées 1946,ill H / janwillemsen – CC BY-NC-SA 2.0

– Toc toc toc ! 
– Oui ?
– On voudrait vous faire des remerciements, Majesté.
– Entrez.
Ludivine entra dans la chambre du roi où celui-ci se brossait sa moustache pour au moins la millième fois de la journée, suivie de beaucoup d’habitants de la ville.
– Bonjour, bonnes gens. Mon majordome m’a dit que vous vouliez me faire des remerciements, n’est-ce pas ?
– C’est ça, dis un paysan à l’air bourru.
– Mais pour quoi ?
– Ben, pour vous remercier de votre gentillesse : vous nous avez donné quasiment toute vot’ cuisine ! lui répondit-il.
– Ah mais non !!!!! Je n’ai jamais fait ça !!!!!! lui dit le roi, qui commençait à s’énerver. 
Je vous remercie beaucoup, monsieur le roi, dit Ludivine. Vous avez été très serviable avec nous, et votre majordome m’a dit que vous alliez continuer comme ça ! Ce roi est formidable, ne trouvez-vous pas ? ajouta-elle en s’adressant aux paysans. Votre gentil majordome m’a dit que, aussi, vous alliez nous donner tous vos carrosses, tapis, et un peu de vos superbes costumes… Vous êtes bien gentil. Vous n’avez qu’a nous donner toutes ces choses toutes suite ! Merci bien ! Et surtout, vous n’hésiterez pas à nous donner encore de la bonne nourriture et à baisser les impôts…

Frank était désespéré. Pour la première fois depuis qu’il avait une moustache, il ne toucha pas à celle-ci. Il était tellement angoissé, car on lui volait tout ses biens. Il aimait tellement être flatté qu’il n’osa pas contredire ses gardes.
– Nooooon !!! hurlait-il à chaque fois qu’on lui prenait quelque chose. Je refuse ! Ce sont MES affaires !!!!
Son majordome et ses serviteurs n’avaient rien dit, ils étaient même du côté des paysans, parce que leur famille vivait dans la misère, et ils se réjouissait d’avoir enfin des bonnes choses. 


Le soir venu, chaque habitant avait une belle tapisserie dans sa maison, et leurs étagères étaient remplies de bonnes choses. Tout le monde était bien content, et Ludivine plus que tout le monde, mais le roi pleurait dans sa chambre. Au dîner, il avait eu des patates et du navet. Dégoutant. 
– Je me demande comment Frank – car ce roi était trop stupide, du coup on l’appelait par son nom – a bien voulu nous donner presque tous ses biens, dit Antoine alors qu’ils étaient en train de manger avec sa sœur.
– Je ne sais pas… dit Ludivine avec un sourire qui disait tout le contraire.

FIN

Maylïs Chauvin, 6D

Tentation :  aller au cinéma voir un film qui n’est pas trop de ton âge sans autorisation

J’hésitais à aller au cinéma car je n’en avais pas eu l’autorisation. Je voulais tant voir ce film, mais en même temps je pensais à la raclée que j’aurais. C’est alors qu’un ange apparut dans ma tête.


Vittorio Accornero- Contes des Fées 1946,ill H / janwillemsen – CC BY-NC-SA 2.0

ANGE : Comme je suis tes pensées, je sais que tu veux aller au cinéma. Si tu vas au cinéma alors que tu n’en as pas le droit et que tu sais que ce n’est pas bien, tu vas penser à ça toute la nuit et tu ne pourras même pas dormir, car c’est très dur de garder un mauvais secret ! Donc tu ne dormiras que quelques heures, ce qui est très mauvais pour toi !

Et juste après, un démon vint se placer aux côtés de l’ange en disant : 

DEMON : Mais ce n’est point si grave de mal dormir une seule nuit ! On peut bien faire des exceptions !

ANGE : Et c’est ce qu’on dit ! On dit toujours : « Mais on peut bien faire une petite exception ! » Mais en fait, après, on en fait beaucoup trop et du coup ce ne sont plus des exceptions du tout, ce sont des habitudes ! Et puis après, tu vas avoir l’habitude de désobéir à tes parents, et tu ne seras plus du tout comme avant, tu seras méchante et désobéissante. Et moi je pense que si tes parents ne veulent point t’emmener au cinéma, c’est parce que ce film ne doit pas être aussi bien que tu ne le penses…

DEMON : D’accord, mais s’il est super ? Il faut y aller parce que comme ça tu verras s’il est bien ou non ! Tans pis si tu n’aimes pas, mais si c’est bien, au moins tu ne le regretteras pas !

ANGE : Peut-être, mais comme le cinéma n’est pas du tout près d’ici et que tu habites en plein centre-ville, la rue est très dangereuse. Il y a des voitures partout et des vélos, et, comme tu ne connais pas le chemin, cela risque d’être très dangereux. 

DEMON : Mais elle pourra acheter un billet de métro et y aller en toute sécurité en un rien de temps !

ANGE : Non, car, dès qu’elle sera sortie du métro, elle ne reconnaîtra pas son chemin et se perdra sûrement.

DEMON : Ah mais oui !!! En fait elle n’est pas du tout obligée d’aller au cinéma ! Elle peut tout simplement prendre la tablette de ses parents et regarder le film tranquillement dans son canapé !!


Je commençais à être plutôt de l’avis du Démon quand l’Ange me fit complètement changer d’avis :

ANGE : Bon, tu fais ce que tu veux mais je tiens à te dire que si tes parents t’ont offerte toute possibilité d’aller au cinéma ou de le regarder sur place, c’est uniquement parce qu’ils te font confiance. S’ils voient qu’ils ne peuvent plus te faire confiance, ils ne voudront plus laisser à ta disposition toutes les choses interdites. C’est pour cela que te conseille de ne pas écouter le démon.

Alors, voyant que j’avais décidé d’écouter l’ange, le Démon disparut, vexé.

FIN

Maïlys Chauvin, 6D

Julio au pays des cariznoufs

Bonsoir, mon Julio !
– Bonsoir maman ! Grand-mère ne vient pas ?
– Elle va venir t’embrasser, ne t’inquiète pas…
– Ouf ! Elle devrait quand même savoir que je ne peux pas dormir sans bisous !
– Allez, il faut dormir, maintenant.

Impossible de fermer l’œil. J’essaye toutes les méthodes de grand-mère : mettre les pieds en l’air, mettre la tête en bas, rester immobile, compter les moutons… Impossible. Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir-là, je n’arrive pas à dormir. D’habitude c’est facile, mon grand frère Tom me dit qu’on m’entend ronfler jusqu’au bout de la maison ! Je ne comprends pas ; j’ai comme un pressentiment… Alors, n’y tenant plus, je prends mes chaussons, mets une robe de chambre pour ne pas avoir froid puis sors de mon lit aussi silencieux que Noisette, qui d’ailleurs se met à miauler en me voyant sortir de mon lit.
– Chuuuut, Noisette ! Si tu miaules, mes parents vont venir et ils vont me gronder !


Vittorio Accornero- Contes des Fées 1946,ill H / janwillemsen – CC BY-NC-SA 2.0

Noisette se remet sur son coussin, cette fois en ronronnant. Je l’adore. C’est la seule personne dans cette maison qui veut bien jouer avec moi. Mon grand frère et ma grande sœur, Tom et Juliette, ne sortent de leurs chambres que pour manger, mon père part à 7h30 du matin et rentre à 7h30 du soir, ma mère a toujours quelque chose à faire et grand-mère commence à devenir trop âgée pour jouer avec moi. Ce n’est que Noisette qui peut tout faire : faire des câlins tout doux, jouer à cache-cache (elle est très forte à ce jeu-là !!!), jouer à la balle, espionner Tom ou Juliette (on est très forts à ce jeu-là, tous les deux : Noisette est une chatte, et les chattes ne font pas de bruit et moi non plus, vu ma petite taille). Le seul défaut, c’est qu’elle ne peut pas jouer aux cartes… Je sors de ma chambre dans la discrétion la plus totale, puis m’avance vers le salon où papa et maman discutent…

– Tiens ! Qu’est-ce que tu fais là, mon Julio ?
– Heu… Je vais aux toilettes !
– Ah bon ! Mais tu m’oublies moi ; je n’ai pas eu de baisers !
Grand-mère était venue m’embrasser, et moi je l’avais complètement oubliée !
Heureusement, j’ai trouvé une excuse… Après l’avoir embrassée, grand-mère me force à me recoucher, elle me dit :
– Julio, les petits gars comme toi ont besoin de dormir !

Ça m’énerve qu’on on me dise ça. Je suis petit, c’est vrai, mais j’ai quand même 10 ans et demi ! Tout le monde me prend pour un enfant de 7 ans et, parfois, on se moque de moi. Mais moi, je m’en fiche de ceux-là : maman m’a appris à les éviter, car on se moquait aussi d’elle quand elle était petite, elle avait les dents de travers. Parfois, j’ai l’impression que grand-mère aussi se trompe. Elle me prend toujours pour un enfant de 7 ans même si elle a participé à mon anniversaire de 10 ans. Ça m’énerve tellement !! Mais parfois cela peut être pratique d’être petit ; avec Noisette, on est les champions de l’espionnage ! A cause de grand-mère, je suis obligé de me coucher. Je vais dans mon lit à contrecœur, ma chatte monte sur mes genoux puis je réessaye toutes les méthodes de grand-mère. Deux heures plus tard, je m’endors enfin.


Je me réveille en sursaut : j’ai très soif… Je vais boire puis me recouche. Mais à peine ai-je posé les genoux sur mon lit que je me sens aspiré dans un immense trou noir, et je hurle de peur…
Je suis assis sur l’herbe. Et j’ai toujours soif. Je suis toujours en pyjama, aussi.
Je regarde autour de moi et voit une ma-gni-fique clairière bordée d’arbres et de fleurs. Le ciel est d’un bleu brillant et les oiseaux chantent joyeusement.

Soudain, j’entends une voix :
– Tiens tiens tiens… Qu’est-ce qu’est cette petite chose ?
– Pardon ?
– Tiens ! Cette petite créature est dotée de la parole !
Une créature au corps de dragon et à la tête de lion me parlait. C’était la première fois que je voyais un animal pareil, et en plus, il parlait. La créature n’avait pas du tout un aspect sympathique, avec ses gros yeux rouges…
– Que fais-tu là ? demanda l’animal.
– Euh… Je ne sais pas, justement.
– Ah… Qui es-tu ?
– Je m’appelle Julio. Mon nom est Soleil.
– Julio Soleil… Tiens, c’est bizarre comme nom. Moi, je suis un znouf.
– Un znouf ? dis-je. Je n’en ai jamais entendu parler.
– Moi non plus, je n’ai jamais entendu parler d’animaux comme toi.
– Mais je ne suis pas un animal ! lui dis-je, étonné. Je suis un humain, voilà tout.
– Je ne sais pas ce que c’est.
– Mais tu vois bien, c’est quelqu’un comme moi ! Tu sais à quoi ça ressemble, maintenant.
– Oui, oui… me répondit le znouf, agacé. Je ne comprends toujours pas comment tu es arrivé là. Je vais être fortement puni.
– Pourquoi donc ?
– Je suis le gardien de ce royaume, ne comprends-tu pas ? Je ne suis pas censé laisser entrer des étrangers comme toi. C’est pourquoi j’aimerais savoir comment tu es arrivé là, et pourquoi.
– Je suis désolé, lui répondis-je. Je ne peux pas te l’expliquer car je ne le sais pas moi-même.
– Alors je vais être obligé de t’emmener chez le grand roi, dit le znouf.
– Qui est-ce ?
– Je viens de te le dire, le grand roi !
– Ah… Mais pourquoi veux-tu m’emmener là-bas ?
– Tu verras.
Il me mit sur son dos puis s’envola.


Vittorio Accornero- Contes des Fées 1946,ill H / janwillemsen – CC BY-NC-SA 2.0

Nous arrivâmes en vue d’un château incroyablement luxueux. Le znouf se posa devant des grandes portes toutes dorées, gardées par deux gardes. Ils ouvrirent immédiatement les portes quand ils aperçurent le znouf. Celui-ci pénétra dans des grands couloirs, tous ornés de tableaux, représentant un énorme ours vêtu comme un roi, d’or et de lampes magnifiques.

Il rentra dans une grande salle où des montagnes d’or étaient entassés, mais surtout il y avait un grand trône absolument magnifique. Un énorme ours, le même que celui des tableaux, était assis dessus. Il avait un air extrêmement puissant et dangereux. A côté, le gros znouf ne paraissait être rien par rapport à lui. L’ours était si énorme et menaçant que je commençai à avoir très peur, plus qu’au début. Le znouf se mit à parler à l’énorme bête dans une langue étrange. J’eu soudain l’impression que l’ours commençait à se fâcher, et le znouf à avoir peur… Soudain, l’ours me dit dans ma langue :
– Que fais-tu là ? Pourquoi es-tu venu dans mon immense royaume ?
– Je ne sais pas, monseigneur… Je l’ignore complètement, je ne sais pas pourquoi je me trouve en ces lieux…
– Je ne crois pas les gens aussi facilement, tu sais. J’arrive à découvrir assez rapidement les malfaiteurs.

Je compris alors avec horreur que le roi -car c’en était un- me prenait pour un espion !
– Qu’allez-vous faire de moi ? demandai-je timidement au seigneur.
– Je ne sais pas… En tout cas, sache que je réserve des sorts horribles aux espions !
– Mais… Monseigneur, je ne suis pas un espion !
– C’est ce que m’a dit Hulbert -le znouf. En tout cas, tu n’es pas des nôtres.
– Oui mais… J’ignore complètement pourquoi je suis ici, et je ne l’ai jamais voulu !
– Ça m’est égal. Je ne veux pas d’étrangers sur mes terres. Emmenez-le !
– Ton plat, mauviette !
– Merci…


Deuxième jour de prison. Le roi m’a injustement mis dans une cage de métal. Je n’y comprends rien. On me traite comme un chiffon vivant. Je mange bien peu et ne voit presque personne. Il y a des rats partout, ça sent mauvais et il fait un froid glacial. Le plafond goutte de temps à autre, et je ne mange que des haricots, des petits restes de poulet rôti, des navets presque pourris et de l’eau. Toujours la même chose matin, midi, et soir. J’ai cherché des plans d’évasions, en vain.

– Pssst !
– Pardon ?
– Regarde à ta fenêtre !
Une espèce de petit elfe aussi grand que mon avant-bras avec des ailes me regardait. Il a un chapeau pointu vert sur la tête, des yeux tout bleu et des chaussures vertes et pointues elles aussi. Il me fait signe d’approcher.
– Que me veux-tu ?
– Chut ! Tu vas réveiller tout le monde !
– Les réveiller ? Alors que nous sommes que l’après-midi ?
– Oui ! Les cariznoufs, les êtres qui vivent ici, dorment beaucoup. Ils dorment la nuit, le matin, et l’après-midi, juste après leur déjeuner, à 15h30.
– Je comprends… Mais que faites-vous là ?
– Pas le temps de discuter ! Attends deux minutes que je scie les barreaux de ta fenêtre, et ensuite tu vas me suivre. Il faut profiter de leur sommeil pour s’échapper.
– D’accord, lui répondis-je.


Cinq minutes plus tard, nous marchions sur le sentier. L’elfe me racontait pourquoi il m’avais délivré :
– J’avais vu le znouf t’emmener, m’expliqua t-il. J’ai alors compris que le znouf te prenait pour un espion, et qu’il voulait te montrer à son roi, ce qui ne signifie rien de bon. Alors, je t’ai suivi. Comme je pensais bien que tu étais innocent, j’ai décidé de te délivrer, car les elfes volants comme moi détestent les carizoufs. Ils mettent toujours des personnes et des étrangers en prison sans aucune raison, sinon pour amuser le roi. Je trouve ça tellement injuste que je suis prêt à délivrer n’importe quelle créature de ces horribles prisons.
– Eh bien, je te remercie infiniment, lui dis-je. Je pensais bien périr dans ces caves jusqu’à la fin des temps !
– Tu n’as rien vu ! J’ai été moi-même dans ces prisons, et j’y suis resté bien plus longtemps que toi !

Nous arrivions. Le village du petit elfe était minuscule, les maisons étaient un peu plus petites que moi ! Malgré cela, on m’y accueillit chaleureusement. Le chef des lutins elfes -c’est comme ça qu’il se nommaient- me dit que si Tulbo -le petit elfe que j’avais rencontré- m’avait délivré, cela voulait dire que je n’étais certainement pas méchant. J’acceptais son invitation pour un petit banquet avec joie, car je mourrai de faim. Pendant toute la soirée on chanta, dansa et mangea.

J’étais heureux. Vers minuit, j’allai rentrer me coucher dans une maison plus grande que les autres quand Tulbo me retint :  
– Voudrais-tu m’aider à dresser des licornes ? me demanda-t-il.
J’acceptai avec joie, je n’avais jamais vu de licorne et cela devrait être passionnant. 


C’était le matin. Tulbo entra dans ma chambre en volant.
– Debout ! me dit-il. Il faut aller à l’école, il est 7h00 !

Ma vue se brouilla, puis j’ouvris les yeux. À la place de Tulbo se trouvait ma maman chérie toute souriante. Pour la première fois, je n’étais vraiment pas content de la voir.
– Ho non ! dis-je. Ce n’était donc qu’un rêve ! Disparus les carizoufs, les lutins-elfes, les licornes… Je les aimais tous, même les znoufs !
– Les znoufs ? me demanda Juliette qui venait d’entrer dans la chambre.
– Oui, et ce qui était bien, c’est qu’il n’y avait pas de grandes sœurs ou de grands frères pour venir vous poser des questions le matin !
– Rhooo, ça va… Du coup, c’est quoi les znoufs ?
– Ce sont des créatures à la tête de lion et au corps de dragon, dis-je mystérieusement…

FIN

Maïlys Chauvin, 6D

Le prince pas-charmant-du-tout

Dans un très lointain royaume vivait une princesse avec ses parents. Et cette histoire se passe en 2055. Alors, je disais, dans un château ultra-moderne vivait une princesse, un roi et une reine. Et bien sûr, tous les valets et courtisans, gardes, cuisiniers… Bref, vous voyez ce que je veux dire. Or le roi était malheureux, car sa fille n’était pas mariée. « Si tu ne te marie pas, il disait, tu n’auras pas de descendance, et je veux en avoir ! »

Comme un jour la princesse en eu marre, elle décida d’aller sur internet et chercha : princes du monde. Alors, sur la page afficha plein de noms de princes, les princes qui existent encore. Il n’y en avait pas beaucoup… 
– Zut ! Ils sont tous mariés ! pesta la princesse.
Mais en cherchant bien, elle finit par trouver un prince qui n’était pas marié. « Prince Toumoch » lut-elle. « Drôle de prénom, pensa-t-elle. Mais bon, le nom n’a pas d’importance, après tout ! » Alors, elle alla vite l’annoncer à son père qui en fût réjouit. 
–  Va vite le voir et demande-lui sa main ! 
Bon, c’est vrai que c’est une drôle de façon de faire, mais c’est le roi qui décide tout dans cette famille. 


Vittorio Accornero- Contes des Fées 1946,ill H / janwillemsen – CC BY-NC-SA 2.0

Donc, suivant les ordres de son père, la princesse se rendit au château du prince Toumoch avec sa superbe voiture ultra-moderne accompagnée de son chauffeur et d’une poignée de gardes. Quand elle arriva, elle vit… une espèce de bâtiment. Et c’était le château. C’était un château, certes, mais il ne ressemblait pas à un château. D’ailleurs, pour être franche, le château ne ressemblait à rien. Il y avait quelques pierres entassées, et puis c’est tout. Le bâtiment était moche, presque en ruine et c’était un miracle qu’il tienne encore… En plus, la couleur était triste, elle était presque noire. La princesse en fût attristée, parce qu’elle préférait beaucoup plus les nouveaux châteaux ultra-modernes, hyper résistants et avec des couleurs vives. Soudain, quelqu’un sortit du château. Avec la couronne sur la tête de l’inconnu, elle pensa que c’était le prince, et malheureusement elle eut raison. Malheureusement, je dis bien, car le prince était… moche. Effrayant, même. Oui, car il avait deux bras. Vous allez me dire que c’est complètement normal, mais les bras du prince n’étaient pas normaux. On aurait dit que ses bras avaient étés croqués comme des biscuits, et ses jambes aussi. C’était effroyable. Ses narines étaient énormes, et il y avait des vers qui se baladaient dedans. Ses dents étaient trouées et toutes jaunes. Et on aurait dit qu’il ne s’était jamais lavé de sa vie. Bref, il était effrayant, moche et sale. 

– Que ce que vous faites là ? demanda t’il sèchement.
– Euh…
– Un roi, tout pourri, m’a dit que sa fille voulait m’épouser. C’est vous, la mocheté de princesse ?
  Comme la princesse ne voulait pas répondre, le chauffeur le fit à sa place. 
– Oui, c’est sa majesté.
– Ah ! Je suis franchement déçu, elle est horriblement moche.
La princesse, outrée par cet homme moche et malpoli, protesta :
– Je ne suis pas moche !!! C’est vous qui l’êtes !!!
– Merci, c’est un grand compliment pour moi, dit le prince. 
Le prince, oubliant soudain sa bonne humeur, dit à la princesse :
– Venez dans mon royal château, vous et votre… votre… chiffon géant, dit-il à la princesse en montrant le chauffeur, que je vous mette au cachot avec un délicieux jus de chaussettes. 
Le chauffeur voulût protester mais le prince ne lui permit pas de le faire.


Le prince les conduisit dans une abominable pièce, qui était sans doute le cachot. Il y poussa la princesse et sa petite compagnie dedans. Une fois le prince parti, la princesse se mit en colère en s’adressant aux gardes :
– Vous êtes des incapables !! pourquoi ne m’avez-vous pas défendue ?
Les gardes ne répondirent rien, tant ils étaient gênés. 

Soudain, le prince surgit dans la pièce : 
– Qui est volontaire ? demanda-t-il, sans rien ajouter. 
Comme personne ne répondit il commença à sortir quelque chose. Quand la princesse vit de quoi il s’agissait, elle commença à perdre ses couleurs… Je comprends pourquoi, car l’abominable prince Toumoch sortait un immense couteau tranchant… Et elle s’évanouit totalement quand le prince commença à faire bouillir la marmite qu’il avait depuis qu’il était entré dans la pièce. Puis, il ouvrit la porte de la grille du cachot. Il prit violemment un des gardes. C’est à ce moment qu’on s’aperçut que le prince était gigantesque. Il prit le garde par la jambe et la lui trancha d’un coup de couteau. Avec une cuillère, il lui enleva ses yeux et lui tira les cheveux. Puis, pour finir, il lui coupa la tête, et mit le tout dans la marmite. 
– Je vous garde pour la fin, dit-t-il méchamment à la princesse.

La princesse en fût presque morte de peur. Quand elle se réveilla, elle était seule dans le cachot et la marmite était remplie des bras, jambes et têtes de ses gardes. Le prince commença à s’approcher d’elle en ricanant pour lui couper la tête à elle aussi, lorsque la princesse eu une idée. Elle prit son téléphone et appuya sur la touche « mode téléportation ». Elle ferma les yeux et se retrouva dans un tourbillon noir, hors d’atteinte du monstre. 


Quand elle rouvrit pour la deuxième fois les yeux, elle se retrouva dans sa chambre, au calme. Chouette ! La téléportation avait marché !!! Elle fit une grosse sieste, et après elle raconta à son père ce qui s’était passé. Ce dernier, avec son armée très puissante de robots, écrasa le prince et à la fin, tout se passa bien. Pour ce qui est de la poignée de gardes que la princesse avait emmenée avec elle pour aller chez le prince, ce fût vite oublié, car on se dit qu’on ne pouvait plus rien faire pour eux. Enfin, la princesse trouva un autre prince, très gentil cette fois, et tout le monde fût très heureux. 

FIN

Maïlys Chauvin, 6D

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