La « Belle et la Bête » : deux versions, deux histoires…

« Il était une fois une Belle et une Bête »

La Belle et la Bête, la robe jaune, la musique… La version Disney est sans aucun doute la plus populaire. D’abord sortie en dessin animé en 1991, l’histoire se voit adaptée par ce même studio en film en 2017.

Belle est alors incarnée par la célèbre Emma Watson, voulant prouver qu’elle sait jouer autre chose que Hermione Granger. Le film reprend la même histoire que le dessin animé, à quelques détails près. L’adaptation en film eut beaucoup de succès et restera gravée dans les mémoires.

Bref, pour faire court, nous connaissons tous la version Disney. C’est sûrement celle à laquelle on pense, quand on nous parle de l’histoire. Mais, saviez-vous qu’il existe d’autres films ?

Bien-sûr, il y a le classique de 1946. L’inoubliable œuvre de Jean Cocteau, avec Josette Day dans le rôle de la Belle… Il faut dire que la Bête est très effrayante dans ce film. En tout cas moi, elle ne m’inspire pas confiance !

Mais moi, je vous parle d’un film en particulier : La Belle et la Bête de 2014.

C’est un film français de Christophe Gans. Léa Seydoux incarne Belle, tandis que Vincent Cassel devient la Bête. L’histoire, tout comme Disney, s’éloigne un peu de l’œuvre originale. Mais la version française reste tout de même la plus proche du livre.

Je rappelle que La Belle et la Bête a eu bien des versions. Mais l’histoire devint populaire une fois sous la plume de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Cependant, pour le film de 2014, Christophe Gans s’est surtout inspiré de la version de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve.

© Disney, 2017

La Bête

Dans le conte original, la Bête n’est pas si terrible que cela. A vrai dire, il n’y a pas vraiment quelque chose de « bestial » en lui. La Bête demande chaque soir à la Belle si elle voudrait se marier avec lui, celle-ci refuse chaque soir, encore et encore. La Belle explique qu’elle aimerait voir son père. La Bête dans sa grande bonté l’y autorise. Bref, dans l’œuvre originale la Bête n’est pas si mauvaise. Elle effraie juste énormément les habitants, et ne sait pas comment agir.

Je trouve donc cela drôle de voir que les adaptations montrent la Bête comme un personnage arrogant et dur…

Commençons donc avec la Bête « à la Disney »

C’est simple : la Bête effrayante et colérique apprend à aimer grâce à la Belle. Nous voyons tout au long du film (le dessin animé aussi bien que le film), l’évolution du personnage.

Disney nous présente la Bête comme un prince malheureux victime d’un mauvais sort. On nous montre que la Bête a aussi des bons côtés, et qu’elle est capable d’aimer. Disney nous met également des passages amusants, comme par exemple la Bête se préparant pour danser avec Belle.

D’un certain point de vue, la Bête de Disney est assez éloignée de l’original, mais de l’autre, ne l’est pas. Je m’explique : D’un côté, nous avons une bête malheureuse, patiente et pas si cruelle. Comme dans l’œuvre originale. Mais de l’autre, nous avons un personnage très « enfantin » chantant des chansons. La Bête a été « Disneylisé » pour qu’elles conviennent aux enfants. Même s’il y a des scènes où la Bête est en colère, il n’y a pas autant de côté « bestial » en elle.

La Bête de Disney est simplement à l’image de Disney : enfantine. 

La Bête de Christophe Gans

Disons-le tout de suite : la Bête de 2014 ne ressemble absolument pas à la version Disney.

Pour ce film, les réalisateurs se sont beaucoup penchés sur le passé de la Bête, au contraire de Disney qui s’est attaché à Belle. 

Nous avons ici une vraie Bête. Une Bête ayant réellement un côté bestial en elle, une Bête dure et effrayante. Ici, la Bête n’a pas une rose lui rappelant que son temps est compté. 

Pour le scénario du film, on a donc opté pour une Bête, se comportant réellement comme telle. Ici, pas de chanson, pas d’amour enfantin. Mais une Bête. L’histoire est prise avec plus de sérieux. Après tout, ce film n’est pas initialement fait pour des enfants, plus de choix peuvent donc s’offrir.

Ce qui est intéressant dans ce film, c’est que la Bête, avant d’être victime du mauvais sort, eh bien… était une Bête. Pas en apparence je vous rassure ! Mais le prince qu’il était, avait largement un côté animal. Surtout quand on voit qu’il n’a pas tenu sa promesse de ne pas tuer la biche, comme sa femme nymphe des bois le lui avait demandé.

Au-final, le prince s’est transformé en ce qu’il était réellement.

Et c’est ça qui est intéressant ! On voit très vite que l’histoire est plus sombre et moins rose que celle de Disney. C’est bien d’avoir le choix entre une version plus enfantine, et une version plus sombre.

La Bête, au contraire de Disney, ne devient pas douce et gentille au fil du film. Non, elle a bien trop d’orgueil. La Bête se comporte vraiment comme une bête pensant avoir le dessus sur tout. Et c’est le refus de la Belle qui va la déstabiliser. Bien-sûr, nous avons ce côté dans le Disney également. Mais je trouve qu’il est beaucoup plus présent dans la version française.

La danse que partage la Belle et la Bête, n’est pas pleine d’amour sincère comme dans celle de Disney. Les sentiments dans cette danse sont beaucoup plus complexes, plus difficiles à comprendre. D’un côté, nous avons Belle, ne connaissant la Bête qu’à travers les rêves qu’elle fait la nuit. De l’autre, une Bête orgueilleuse espérant recevoir un jour l’amour de Belle.

Le choix de l’acteur pour la Bête est aussi très intelligent je trouve. On ne va pas se le cacher, Vincent Cassel en prince charmant, c’est un peu bizarre. Mais justement : ce n’est pas un prince charmant. Mais un homme fier et pensant tout avoir. Vincent Cassel à une tête faisant penser au « diable » je trouve. Et d’après moi, c’était bien joué de la part des réalisateurs. Quand la Bête se transforme en prince, je trouve que c’est génial de ne pas voir un prince charmant et doux. Mais plutôt un prince avec un visage reflétant plutôt bien sa personnalité.

Quelle Bête ?

Quelle Bête je préfère ? Je ne sais pas. Nous avons une Bête plus douce et rigolote, et une Bête orgueilleuse devenue ce qu’elle était. Nous avons ici deux versions de la Bête, deux versions que j’apprécie séparément.

© Eskwad/Pathé, 2014

La Belle

La Belle originale et la Belle des adaptations n’ont pas de grande différence. Dans l’original, tout comme dans les films, la Belle est indépendante et se débrouille seule.

Disney

La Belle de Disney est sûrement la plus éloignée du conte initial. Déjà, elle est fille unique. Alors que dans le conte original, elle a trois frères et deux sœurs. Cependant, la mère de Belle est morte, comme dans l’œuvre originale.

La Belle de Disney est présentée comme un personnage différent des autres. Une femme aimant les livres et vu comme une personne bizarre par son entourage. Son père crée des objets. Tout ça ne correspond pas à l’histoire originale.

Mais s’éloigner d’une œuvre de base n’est pas une mauvaise chose, il peut en sortir quelque chose de bien. Après tout, la Belle et la Bête de Disney est un grand classique.

Alors, que vaut la Belle de Disney ?

Personnellement, je trouve qu’elle n’est pas réaliste. Elle est à l’image de Disney, et pas suffisamment à celle de l’époque. La manière dont elle se comporte, n’est pas vraiment adaptée au siècle où l’histoire se passe. Mais bon, c’est une histoire féerique n’ayant pas d’époque ! Mais cela m’a un peu gênée.

Quand la Belle voit pour la première fois la Bête, sa réaction est bien trop « fade ». Elle voit une bête, effrayante, grande, en pleine nuit. Et la seule réaction qu’elle a, c’est de reculer légèrement ! 

Ensuite, l’or de la danse avec la robe jaune (scène classique), la robe de Belle, n’est absolument pas à l’image de l’époque. Ses bras sont dénudés, ce qui ne pouvait pas être accepté en ce temps. Le style de la robe ne correspond pas non plus.

Belle découvre le château, les fameux gens du château transformés en objets, et petit à petit, la Bête. Je trouve que la Belle de Disney reste plus douce que la version française.

La Belle de Disney se montre courageuse et intelligente. J’aime ce côté-ci. Ce n’est pas une femme sotte et délicate. Belle est un personnage représentant la lumière, et la Bête les ténèbres. Elle va lentement tirer la Bête vers la lumière, tout en tombant amoureuse d’elle.

Pour ce film, les réalisateurs se sont penchés légèrement sur le passé de Belle. Je ne m’attendais pas à voir Belle aller dans la chambre où sa mère est morte, à Paris. Même si c’était une scène qui n’était pas vraiment nécessaire (ça n’a absolument rien changé), je l’ai apprécié.

Il ne faut pas oublier que c’est un univers féerique, une féerie d’enfance. La Belle n’est par conséquent pas un personnage très complexe.

La Belle de Christophe Gans

Cette Belle est un peu plus réaliste. Elle décide de partir voir la Bête, sinon toute sa famille mourra. Il y a plus de similitude avec l’œuvre originale. La Belle a ses trois frères et deux sœurs, sa mère est effectivement morte et son père est un riche marchand ayant tout perdu. L’histoire est beaucoup plus similaire au conte de base.

Dans ce film, Belle n’est pas vue comme une personne bizarre par son entourage. Au contraire, le voisinage la voit comme une très belle personne, douce et pleine de bonté. A l’inverse de ses sœurs orgueilleuses, capricieuses et avides d’argent.

J’aime cette version de Belle, car on peut beaucoup plus se concentrer dessus. Dans Disney, il y a beaucoup de personnages, comme Lumière. La version française en a aussi, mais le film a réussi à porter notre attention principalement sur la Belle et la Bête. Ce que, d’après moi, Disney n’a pas totalement réussi. Nous donnons notre attention à plein de personnages en même temps, c’est un film sans « prise de tête ». 

La rencontre de la Belle et de la Bête est également plus réaliste. Ils se rencontrent pour la première fois lors du dîner où Belle aperçoit la Bête sur le reflet de son couteau. La vue d’une telle Bête l’effraie et elle pousse un cri en se retournant, le couteau pointé vers l’avant. C’est clairement une réaction logique que n’importe qui pourrait avoir.

La Belle prend un bon moment avant d’avoir de l’affection pour la Bête. Elle découvre le château et retrouve la Bête le soir. Le courant ne passe pas bien entre eux.

La Belle est réticente et quand elle se laisse aller lors de la scène de danse, la Bête lui demande si elle pourrait l’aimer. La réaction de la jeune femme est négative, et elle crie à la Bête, je cite : « Vous croyez être un homme, mais vous n’êtes qu’une Bête cruelle et solitaire. Vous pourrez tout essayer, me soudoyer, m’envoûter, vous ne cesserez de me répugner ! » Ouaip… L’amour règne, dites-donc.

Belle est ici un personnage courageux et difficile. Une femme montrant à la Bête qu’il ne peut pas tout avoir, et qu’il va devoir s’y faire.

Quelle Belle est donc la meilleure ?

Ici, je choisis la Belle jouée par Léa Seydoux. Autant je ne savais pas choisir pour la Bête, autant ici cela me semble évident. J’ai beaucoup plus reconnu la Belle courageuse et difficile dans la version française. La Belle de Disney est beaucoup plus simple et « enfantine » encore une fois. La Belle de 2014 reflète beaucoup plus la Belle du conte original. Celle de Disney ne lui correspond pas énormément, mais n’est pas pour autant mauvaise. Cependant je me suis beaucoup plus plongée dans l’histoire avec Léa Seydoux.

© Eskwad/Pathé, 2014

L’amour

Il faut bien en parler, après tout c’est le sujet principal du conte : L’amour. Je pense que tout le monde l’a compris, la morale de l’histoire est de ne pas se fier aux apparences.

Disney

L’amour dans Disney est beaucoup plus présent que dans la version française. On voit clairement comment les deux personnages principaux tombent lentement sous le charme l’un de l’autre. Sans compter les chansons remplies de bons sentiments. Disney a prêté toute son attention à cet amour, c’est un peu la spécialité de ce studio…

La Bête apprend à aimer. Voir une personne comme Belle la fascine et lui réchauffe le cœur. Elle aime la Belle, elle devient douce et remplie d’espoir. Comme un enfant heureux. J’aime cette version, l’amour entre les deux personnages me plait. C’est simple, c’est beau, c’est mignon. Ce n’est pas pour rien que Belle est ma princesse Disney préférée !

Il n’y a pas grand-chose à dire sur cet amour, car il est simple. C’est beau, et c’est tout. Un amour de contes de fées, avec un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » à la clé.

La version française

Alors là… Oubliez les chansons et l’amour tout mignon.

L’amour dans ce film est assez compliqué. A vrai dire, il est même peu développé. Je vais faire de mon mieux pour ne pas « spoiler » les personnes qui ne l’ont pas encore vue.

La Bête et la Belle ne se voient qu’une fois par jour, ou alors l’un des deux crie sur l’autre. Ils n’arrivent pas à s’entendre. Belle commence à connaître la Bête uniquement grâce à ses rêves, où elle aperçoit son passé. Mais sinon… Dans la vraie vie, ce n’est pas trop ça.

Du côté de la Bête, c’est un peu plus compréhensible. Il est tombé sous le charme du tempérament et de la beauté de la Belle. Mais du côté de la jeune femme, j’ai un peu de mal.

Comme je l’ai dit, elle ne connait la Bête que via ses rêves. Elle commence à l’apprécier uniquement car elle commence à le connaître, sans interagir avec lui. Je crois que c’est ça qui me chiffonne. Ils sont amoureux, mais sans réellement avoir parlé. 

Mais ça ne m’a pas énormément choqué. La première fois que j’ai vu ce film (en 2014), je l’ai tout simplement adoré. Oui, l’amour est le sujet de base de l’histoire. Et je reconnais qu’ils ont un peu raté leur coup, c’est vrai que ne pas avoir une histoire d’amour correcte pose problème… Cependant, même avec ce problème, j’ai profondément aimé ce film. Alors, comme quoi, cela ne ruine pas tout !

Le fantastique

Oui ! Après tout, nous sommes dans un conte non ?

Là, c’est clair : le fantastique est cent fois plus présent dans la version française. Sans parler des décors, le fantastique est tout simplement omniprésent. En passant par la nymphe des bois, le dieu de la forêt et les géants… C’est un monde rempli de fantaisie.

Disney en a également, sans parler du sort de la bête. Il y a la rose, les gens changés en objet, le château devenu sombre et terrifiant etc. 

Les deux films ont un « fantastique » différent. Celui de Disney est très enfantin et simple. Celui de 2014 est omniprésent et on est dans un fantastique un peu plus « sérieux » si je puis dire.

Les décors et les costumes

Les décors et les costumes sont des éléments majeurs pour faire un film. Voyons voir ça !

Disney

Les décors et costumes sont très beaux, il faut l’avouer. Même si la robe jaune de Belle est pour moi la grosse erreur à ne pas faire, le reste passe. Le château est très beau, les costumes également. On est dans un univers avec des vêtements qui se veulent d’époque, à l’image de Disney. Coloré et amusant.

Les décors sont très élégants et reflètent bien la féerie de Disney. Non sincèrement, il n’y a pas de problème à noter là-dessus. (A part cette robe jaune)

La version française

C’est tout simplement sublime. Les décors sont extraordinaires et magnifiques. On plonge dans un fantastique incroyable et splendide. C’est probablement la chose que je préfère dans ce film, les décors époustouflants. A noter aussi que Christophe Gans s’est largement inspiré de Hayao Miyazaki et de Princesse Mononoké (Cf. mon article précédent sur le Studio Ghibli). 

Les costumes. Oh la la ! Les costumes ! Je rêve tellement de les porter ! Les robes de Belle sont somptueuses et sont beaucoup plus fidèles à l’époque. Les costumes sont souvent sombres, reflétant bien le film. Cela nous rappelle que nous ne sommes pas dans un Disney où tout est relativement arc-en-ciel.

Je n’ai absolument rien à dire sur ces costumes et décors, à part une chose : magnifiques.

Au final ?

Mais alors ? Quel film est le meilleur ?

A vous d’en juger !

Personnellement, je préfère la version française. Mais la version Disney a bercé mon enfance et restera toujours dans mon cœur. Et j’ai bien aimé l’adaptation en film…

Mais voilà, j’ai beaucoup plus accroché à la version française. Les musiques (que j’adore), le décor, les costumes… Ce film a tout pour me plaire, car il correspond à mon univers.

Disney a fait une bonne adaptation de son film d’animation, mais sans plus pour moi. Surtout que c’est une comédie musicale, où tout est fait pour les enfants. C’est peut-être pour cette raison que j’ai une préférence pour la version de Christophe Gans.

Il n’y a pas de bon ou de mauvais film. Les deux sont simplement différents l’un de l’autre. Chaque film à ses qualités et ses défauts. Si vous n’avez pas visionné ces films, je vous invite sincèrement à le faire !

Alors vous me direz dans les commentaires quel film vous aurez le plus apprécié… 

Lara Güngör, 4D

« Ses sujets le virent avec joie, et il épousa la Belle, qui vécut avec lui fort longtemps, et dans un bonheur parfait, parce qu’il était fondé sur la vertu ».

Dernière ligne du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont
© Disney, 2017

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