Un kaléidoscope de souvenirs (1)

Au fil du confinement et de l’enseignement à distance, des talents se sont révélés, des passions peut-être, un plaisir d’écrire et de raconter tout au moins.
Au fil des mots et des semaines, des chapitres ont été écrits et un premier roman clôturera l’année scolaire de certains élèves de quatrième.
Nous allons vous les présenter sous forme de feuilletons dans le Loti News, chapitre après chapitre, comme le faisaient les écrivains du XIXème siècle.

Nouvellement installés à Istanbul, les héros de ces romans vont nous livrer leur découverte de la ville et nous faire partager leurs aventures. Suivez-les et appréciez le travail et l’imagination de nos talentueux élèves, camarades et amis. 

Madame Atay


Couverture originale d’Un kaléidoscope de souvenirs. © Maria Cringasu

CHAPITRE I

Jeudi 2 mars 2018, Bruxelles, Belgique

Je me sentais perdue…
Je ne savais pas si c’était juste l’asthénie printanière qui m’avait rendue dans cet état-là ou bien la dispute intense entre moi et mes parents célèbres, Christophe et Anne Strauss.

Tous les deux sont des réalisateurs de films très connus dans le monde du cinéma européen. Ils ont gagné des prix comme le « Bafta », le « César » ou même deux fois la « Palme d’Or » pour leurs films qu’ils aiment appeler « incroyables ». Depuis que j’étais toute petite, ils m’avaient emmenée sur les plateaux de cinéma. Leur rêve pour moi était de devenir une grande actrice. Mais depuis que j’étais petite, mon rêve était complètement différent. C’était pour ça qu’ils m’avaient toujours appelée « Krista, le mouton noir de la famille ». J’ai toujours aimé lire et écrire sur n’importe quel sujet. Pour cette raison, je suis étudiante à l’Université Saint Luis de Bruxelles, en Faculté de Philosophie, Lettres et Sciences Humaines. Mais, mes parents continuent de me presser et de m’inscrire à différents castings pour des rôles dans différents films. C’est ainsi qu’ils pensent que je retrouverai mon appétit pour le cinéma ! Bien sûr, la seule chose qu’ils parviennent à faire est de me rendre encore plus consciente de ce que j’aime vraiment.

Je n’ai que 20 ans et la plupart de mes proches me décrivent comme un être fragile parce que je suis petite et très maigrichonne. J’ai les yeux bleus et mes cheveux rouge orangé et bouclés ont toujours été la raison pour laquelle j’étais considérée comme la candidate parfaite pour les rôles de princesse écossaise. Mais en moi se cache une grande aventurière, qui a hâte de voyager et de découvrir le monde.

J’ai toujours voulu voyager à Istanbul parce que j’ai constamment rêvé de suivre les traces de l’un de mes écrivains préférés, Pierre Loti. Son premier roman, Aziyadé, a été une véritable révélation pour moi. Il m’a inspiré d’avoir plus de courage et de voyager.


Lundi 20 mars 2018, Bruxelles, Belgique

J’ai retrouvé dans ma boite postale une feuille publicitaire sur laquelle était écrit en gros « SUR LES TRACES DE PIERRE LOTI, A ISTANBUL » alors j’ai pris cela comme un signe et j’ai décidé de faire ma valise et de partir pour la première fois, sans mes parents. 


Mardi 21 mars 2018, Istanbul, Turquie

Mes premières pensées de la ville : oh wow, être dans un endroit comme celui-ci, c’était comme être dans un bon rêve et je sentais qu’il ne finirait jamais. Cette ville sentait comme chez moi mais, en ce moment, c’était la chose la plus éloignée de la maison. J’essayai d’admirer le bel et grandiose aéroport qui m’attendait à mon arrivée, avant d’être emmenée vers la sortie dans la foule grouillante de gens de l’avion, j’attrapai mes bagages et je me dirigeai vers la sortie, la bouche ouverte d’admiration. 

Devant moi se tenait une route animée pleine de gens, chargeant leurs voitures et embrassant les membres de leur famille et leurs proches. Comment j’aspirais à être acceptée par ma famille !  Mais malheureusement, nous avions des opinions différentes sur des choses, particulièrement mon avenir, comme je vous l’ai dit avant, ils voulaient que je sois une actrice célèbre, mais comme je l’ai également mentionné, je voulais être écrivaine.

C’était la raison pour LAQUELLE j’étais à Istanbul depuis le début, pour voir les traces de mon idole, Pierre Loti. Alors je m’avançai timidement vers l’un des nombreux taxis jaunes qui poivrent l’entrée, j’essayai de déclencher une conversation avec l’homme debout à la tête de la ligne de voitures lumineuses, J’avais supposé qu’il ne connaissait pas le français car je ne le voyais pas l’utiliser avec d’autre passagers.
– Merhaba… taxi… Je veux… s’il vous plaît, marmonnais-je maladroitement.
C’était ce que j’avais appris sur la brochure dans l’avion. Heureusement il comprit mes marmonnements incompétents. 
– Tamam… gel… venez… répondit-il tout aussi maladroitement. 

Il me guida vers la voiture, je ne savais pas comment aborder le chauffeur de taxi, mais j’essayai de lui faire comprendre ma destination :
– Messeret Palace Hotel, dis-je en adressant à l’homme un faible sourire.
– Tamam, dit-il en répondant à mon sourire avec l’un des siens et nous étions partis.

Alors que nous passions par le Bosphore, mon souffle s’accrocha dans ma gorge, cela me prit un moment mais je recommençai enfin à respirer. Quand je regagnai mon souffle, je laissai échapper un soupir audible, je ne pus plus le retenir, c’était trop magnifique. Le chauffeur de taxi me sourit en connaissance de cause. Il avait évidemment vu beaucoup de touristes réagir à l’eau qui divisait cette ville en deux. Alors que je contemplais l’eau, je laissai mon esprit se demander comment les gens de cette ville n’étaient pas assis là en regardant l’eau toute la journée. C’était ce que je voulais faire de toute façon. L’eau bleu-grise semblait retenir les âmes des personnes les plus heureuses et les plus satisfaites, elle brillait comme si elle était blasée par mille lunes. 

Nous arrivions au majestueux hôtel, il ressemblait à un temple grec, tout droit sorti des livres d’histoire, avec des colonnes de marbre et des lumières qui ressemblaient à des points d’or dans le cosmos qui était le plafond. J’étais entrée dans ma chambre, qui ressemblait à une chambre de déesse, je m’étais assise sur mon lit et je m’étais dit :
– Quel voyage incroyable cela va être ?

Maria Cringasu, Lara Sönmez, Amalia Gubara, Anemon Adali et Sanem Akın, 4C

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